|
|
Les services du
«Voyageur»
Avant de passer à
ce que je veux particulièrement considérer, c'est-à-dire
l'influence durable du Voyageur au point de vue catholique et français,
je voudrais consacrer quelques lignes de mon modeste travail aux services
qu'il a rendus à la patrie canadienne. Je ne parlerai pas longuement
de son apport au cours des guerres qui se sont déroulées
durant le cours de son existence. Durant la révolution américaine,
le voyageur semble avoir été employé tantôt
par les Américains, tantôt par les Anglais et leur valut
l'amitié des Indiens. Guillaume LaMothe, Jean-Marie Ducharme, Augustin
Rocque sont des noms connus de Canadiens qui rendirent des services éminents.
Ils furent généralement accompagnés de voyageurs
dans leurs expéditions.
Lors de la guerre américaine de 1812, les Voyageurs servirent avec
distinction. À l'automne de 1813, la Cie du Nord-Ouest ayant offert
ses engagés pour servir dans les armées du roi, on forma
le «Corps des Voyageurs Canadiens» avec un uniforme qui se
rapprochait du costume traditionnel des Voyageurs. On peut imaginer combien
la discipline militaire devait peser à ces pauvres gueux qui n'avaient
de richesse que leur liberté. Ils étaient accoutumés
d'ailleurs à une certaine familiarité de bon aloi avec leurs
bourgeois et transportèrent le tout dans les rangs de leurs bataillons,
à la grande détresse des officiers réguliers. Joseph
McGillivray, fils de William, vieux traiteur et officier en charge, nous
a laissé une peinture du Voyageur soldat qui est probablement très
fidèle: Il était impossible de leur faire accepter la discipline
du code militaire. Les Voyageurs arrivaient aux revues et exercices en
retard, la pipe à la bouche et portant, piqué au bout de
leur baïonnette, leur ration de viande et de pain. Ils fumaient incessamment.
En voyant passer l'officier devant eux, ils enlevaient leur chapeau, faisaient
une révérence et disaient: «Bonjour, mon général»...
et si par malheur ils connaissaient l'individu ajoutaient: «Comment
est madame ce matin... et les enfants?»
Ils parlaient constamment, se taquinaient, se traitaient de «mangeurs
de lard» et même sortaient des rangs pour prier l'officier
de se presser de terminer l'exercice. Malgré ces particuliarités,
leur connaissance du pays et leur admirable endurance firent qu'ils rendirent
de très grands services. On a prétendu qu'il y avait au
moins 3 000 voyageurs engagés dans les rangs de l'armée
canadienne. Ce furent eux qui prirent d'assaut le poste de Michillimakinac,
celui de Prairie du Chien et en général ils conservèrent
à la couronne toute la région de leur habitat.
C'est encore comme instruments indispensables des découvertes et
inséparables compagnons des découvreurs attitrés
que nos Voyageurs ont bien mérité de la patrie. Sans eux
la patrie canadienne ne serait pas ce qu'elle est, pas aussi vaste ni
aussi riche car ce furent eux qui assurèrent l'avantage de première
occupation à ceux du pays. Non seulement les explorateurs s'en
rapportèrent è leur expertise et leur manière de
traiter avec les Indiens, mais il est clair qu'en bien des cas les Voyageurs
ont été les premiers à pénétrer dans
des endroits jusqu'alors inconnus. Le père De Smet, célèbre
missionnaire et découvreur, en trouva un vivant seul au sein des
Rocheuses et le missionnaire de s'exclamer: «Est-il un endroit où
ces Canadiens n'ont pas pénétré!» Chose certaine,
c'est que sans eux le travail de découverte n'eût pas été
possible! Ils avaient rendu un service à peu près identique
au temps des Français comme compagnons de Radisson, de La Vérendrye,
de du Luth, de St-Pierre, de la Salle, De Nicolas Perrot et autres. Sous
le régime anglais ce furent eux qui accompagnèrent Peter
Pond dans la région d'Athabaska et la célèbre carte
de l'Ouest faite par Pond a été tracée, dit-on, d'après
les renseignements fournis par les Voyageurs eux-mêmes. Sir Alexander
Mackenzie en 1789 et 1793 fit deux voyages de découverte, qui le
rendirent célèbre et lui valurent un baronet et il y a bien
peu de monde qui s'arrête à songer aux pauvres Voyageurs
sans lesquels ces découvertes eussent été impossibles.
Le deuxième voyage de Mackenzie fut si difficile que le récit
en semble à peu près invraisemblable. Je ne sais pas combien
de fois le canot se brisa et comment les Voyageurs échappèrent
à la mort. Les Indiens de la Colombie étaient loin d'être
sympathiques et il fallut tout le doigté des Voyageurs pour en
venir à bout. Dix-neuf voyageurs, avec Jules-Marie Quesnel, accompagnèrent
Fraser alors qu'il découvrait en 1808 la rivière qui porte
son nom. Ici encore les Voyageurs eurent à souffrir des peines
inouïes, car il fallait avancer au fond des ravins et des gorges
où on ne pouvait faire aucun portage. Il fallut parfois hisser
hommes et bagage le long de la paroi de rochers. Le récit est une
longue suite d'événements imprévus qui vous font
dresser les cheveux. Quinze voyageurs accompagnaient Sir John Franklin
lors de son premier voyage au Pôle Nord. Dès les débuts
on manqua de vivres et il fallut durant l'hiver refaire deux voyages de
1 000 milles pour se ravitailler. Au printemps on s'aventura de nouveau
et 10 des voyageurs ne revinrent jamais. Ils étaient morts de faim
après des scènes effrayantes. En 1829, Sir George Simpson,
appelé «le petit empereur» de la fourrure, se mit en
route de la baie d'Hudson avec 18 voyageurs. Il est connu pour sa dureté
envers les hommes et ses exigences. Nous le suivons à Norway House,
puis à l'embouchure de la Saskatchewan, puis à l'Isle à
la Crosse, au fort Chepewayan, à la Rivière la Paix. Le
2 septembre il arrivait aux Rocheuses qu'il fallut traverser au sein de
difficultés inouïes. On avait parcouru cette immense partie
du continent en trois mois. Les Voyageurs accompagnèrent encore
Dease et Thomas Simpson dans leur voyage au Pôle Nord en 1836 et
1839. Nous les retrouvons partout, inséparables compagnons des
hommes de science ou naturalistes comme Joseph Nicollett, des ingénieurs
et des arpenteurs comme Dacid Thompson; des artistes comme Georges Catlin;
des missionnaires comme Mgr Provencher; des hommes d'État comme
Selkirk.
On a accusé Drummond de nous avoir fait dommage auprès du
public anglais. C'est peut-être vrai mais je sais qu'il nous a valu
aussi bien des sympathies auprès de ceux qui comprennent qu'il
puisse exister un parler populaire, moins académique mais souvent
plus réaliste que le parler plus correct. Me permettez-vous de
vous citer le passage que Drummond consacre au Voyageur, et particulièrement
au voyageur explorateur et découvreur pour qui le pays n'avait
ni secret, ni frontière. C'est un dialogue entre le vent du nord
et un ancien voyageur:
I see the track of hees botte sauvage, on many a hill and long portage
far, far away from hees own vilage an-soun of de parish-bell. I never
can play on de Hudson Bay or mountain dat lie between. But I meet heem
sigin'dere, under de star of de red Riviere, an off on de home of de great
wi'te bear, im seein his dogtraineau. If he only kip goin' de red ceinture,
I'd see it upon the Pôle some morning I'm startin for blowin de
worl around.
But we'erever he sale an w'erever he ride, de trail is lon and de trail
is wide, an city and town on every side can tell of hees campin ground.
So dats the reason I drink tonight to de man of de grand Nor West, for
hees heart was young and hees heart was light. So long as hees leevin
dere. Im proud of de same blood in my vein I'm a son of de Nor Win wance
again.
La traite des fourrures fut toujours l'adversaire plus ou moins déclaré
de la colonisation qui non seulement livrait des pays autrefois giboyeux
aux colons, mais imposait des habitudes de vie incompatibles avec les
us et coutumes des traiteurs. Champlain l'avait remarqué dès
1618 et on ne sait pourquoi les Compagnies n'encouragèrent jamais
les établissements permanents en Nouvelle-France. Cependant par
une étrange force des choses, assez fréquente en histoire,
les traiteurs furent eux-mêmes les premiers colonisateurs. Le problème
de ravitaillement et du transport des marchandises les força à
établir des postes le long des routes. Ces endroits se changèrent
bientôt en centres fournisseurs de bestiaux et denrées. Ainsi
en était-il des postes de la Louisiane établis le long du
Mississippi français; ainsi ceux de Détroit, Sault-Marie,
de Grand Portage et plus tard de Kaministiquia, le Fort William moderne
quand la Cie du Nord-Ouest y transporta ses entrepôts. On sait que
la célèbre compagnie du Nord-Ouest avait décidé
d'établir une colonie au lac La Pluie où les vieux Voyageurs
pussent se retirer et qui pût devenir un centre de ravitaillement,
tant pour son personnel que pou les marchandises et les vivres dont elle
avait besoin.
Le cas de Lord Selkirk est en somme identique. Devenu en 1811 le principal
actionnaire de la Compagnie de la baie d'Hudson qui menaçait alors
faillite, il proposa l'établissement d'une colonie à la
rivière Rouge, non seulement comme un moyen de secourir les populations
nécessiteuses d'Irlande et d'Écosse, mais encore comme un
auxiliaire à la traite qui pourrait s'y alimenter. On s'est souvent
demandé pourquoi Selkirk était si désireux d'y voir
s'établir les Voyageurs et leurs familles; ... la réponse
c'est que Selkirk y voyait un moyen le seul de résister
à la Cie du Nord-Ouest. (C'était d'ailleurs ce qu'avait
recommandé Colin Robertson aux officiers supérieurs de la
Baie d'Hudson.)
La présence des voyageurs non seulement devait protéger
les colons européens contre les incursions des Indiens ou les machinations
des traiteurs ennemis, mais on pourrait trouver à meilleur compte
le personnel requis à la Cie de la baie d'Hudson. Et voilà
probablement la raison principale pour laquelle M. Provencher fut appelé
à la Rivière-Rouge et chargé d'y établir une
mission afin d'y grouper les voyageurs et leurs familles.
Lord Selkirk établit sa colonie à la rivière Rouge
en 1811-1812. Il voulut, se basant sur la charte donnée par le
roi George en 1670 à la Compagnie de la baie d'Hudson, exclure
du territoire la Cie du Nord-Ouest qui se disait successeur des Français.
Une lutte sans pitié s'ensuivit. Le sang coula. La colonie fut
détruite deux fois et réorganisée deux fois. Quand
l'abbé Provencher arriva en 1818 il trouva l'établissement
en paix, sous la protection du régiment des Meurons engagé
par Lord Selkirk mais le feu couvait sous la cendre. Trois ans plus tard,
cependant, en 1821, les deux Compagnies étaient amalgamées
sous le nom de Compagnie de la Baie d'Hudson et la «guerre du pemmican»
ou «pemmican war», comme elle est connue dans les annales
du temps, était terminée.
L'amalgamation des compagnies en 1821 amena ce qui fut probablement la
première crise de chômage dans l'Ouest canadien. En effet
là où on avait vu deux forts en opposition on en vit désormais
un seul qui absorba toute la traite. Un bon nombre d'employés et
de bourgeois se trouvèrent sans emploi. Comme on leur offrait un
passage gratuit et des terres à la Rivière-Rouge, plusieurs
s'y acheminèrent durant les années qui suivirent.
Combien y avait-il alors de ces anciens voyageurs établis un peu
partout à travers le pays, à l'ombre de forts? Déjà
avant les jours de la colonie, Selkirk avait parlé du grand nombre
de Canadiens qui pourraient devenir colons: «The great body of Vagabond
Canadians». Un auteur du temps estimait qu'il y avait avant l'amalgamation
des compagnies, plus de 1 500 anciens employés «surnuméraires»
comme on les appelait. En tout cas, quand M. Provencher arriva à
la fourche de la rivière Rouge et de l'Assiniboine en 1818, il
n'y trouva que quelques familles établies dans les environs. Le
groupe établi à Pembina était plus considérable
que celui de la rivière Rouge. Mais dès juillet 1824, Mgr
Provencher écrit à Mgr Plessis: «il est arrivé
ces jours-ci beaucoup de familles du Nord pour s'établir à
la Rivière Rouge.»
Ainsi peu à peu les vieux voyageurs se dirigèrent vers les
centres nouveaux qui s'ouvraient. C'était le commencement de la
fin. Il fallut leur apprendre de nouveau ou simplement leur apprendre
l'art de cultiver la terre, leur imposer des habitudes de régularité.
Mgr Provencher s'y mit avec courage et on vit le prélat derrière
la charrue, suivant le pas de ses boeufs, se faisant laboureur, «le
semeur sortit pour semer»... Inconsciemment le Voyageur disparaissait,
s'absorbant dans les rangs des «jardiniers» comme il avait
appelé avec mépris les colons de Selkirk. Ross, historien
du temps, en vit venir un groupe par la Saskatchewan. Il les décrit
sans y mettre trop de sympathie. Ils étaient pauvres, infirmes
et vieillis. L'un était borgne,un autre boitait terriblement, un
troisième avait perdu un pouce de sa main droite. Ils demeuraient
tous néanmoins aussi fiers, vantards et joyeux que s'ils eussent
possédé le Pérou. L'un d'eux, septuagénaire,
résumait ainsi sa vie: «Ça fait 50 ans que je suis
dans les pays. Pendant 24 ans j'ai été homme de canot. Il
me fallait alors bien peu de sommeil, mais souvent j'en ai eu encore moins
qu'il m'en fallait. Il n'y avait pas de portage trop long pour moi...
de fait tous les portages se ressemblent. 50 chansons par jour était
peu de chose pour moi; je pouvais «paqueter», ramer, chanter
et marcher tout le jour. J'ai sauvé la vie d'une dizaine de bourgeois.
J'ai eu douze femmes dans le pays, 50 chevaux, et 6 chiens. J'étais
comme un bourgeois cossu, riche et considéré. Aucun bourgeois
n'avait de femmes mieux habillées que les miennes, aucun chef indien
de meilleurs chevaux, aucun blanc de meilleurs chiens. J'ai battu tous
les sauvages à la course et personne ne pouvait me surpasser à
la chasse. Aujourd'hui, je n'ai plus que ma chemise. Pourtant s'il fallait
recommencer, je n'hésiterais pas à passer encore 50 ans
de ma vie dans ce pays. Il n'u a pas de vie aussi heureuse que celle du
Voyageur, vive le pays sauvage!»
Les voyageurs, les hommes-libres et leurs enfants connus sous le nom de
Métis ou bois-brûlés se groupèrent donc autour
des clochers comme l'avaient fait leurs ancêtres du Bas-Canada durant
des générations. La Compagnie de la baie d'Hudson en prenait
à leurs foyers une fois les voyages terminés. On leur achetait
aussi la viande de buffalo qu'ils rapportaient de leurs célèbres
chasses sur les plaines du Dakota. La chasse du printemps et de l'automne
était pour plusieurs le seul épisode qui rappelait les gloires
d'antan. Puis elle aussi disparut. Et pendant quelques années il
y eut encore, çà et là, quelques vieux voyageurs,
témoins perdus des jours d'autrefois qui attendaient maintenant
la mort au sein d'un monde changeant. Un à un ils s'en allèrent
sans qu'on s'en rendît bien compte et le jour vint où les
échos des bois et des montagnes ne répétèrent
plus les accents joyeux du Voyageur; où les Indiens, eux mêmes
amoindris et dispersés ne virent plus arriver le canot ami ou la
traîne bien connue. Le rois du Nord sont passés et avec eux
une page de notre histoire qu'aucun Canadien français n'a le droit
d'ignorer. Les rois du Nord ne sont plus, mais on ne peut effacer de la
vie d'une nation des influences aussi profondes en un clin d'oeil. Et
durant de nombreuses années encore après sa disparition,
le Voyageur, par ses descendants, par les cadres qu'il avait lui-même
constitués, par tant de facteurs impondérables, devait continuer
à exercer une action prolongée.
Il n'entre pas dans le plan de ce modeste travail de vous parler de la
nation métisse, fille du Voyageur. Qu'il suffise de dire que la
nouvelle nation comme on l'appelait, eut conscience de son identité
et de son individualité de bonne heure, soit vers le tournant du
dix-huitième siècle et au début du dix-neuvième.
James Sutherland raconte qu'il rencontra en 1815 le groupe de Métis
que Cuthbert Grant avait galvanisé contre la Baie d'Hudson. Il
affirme que les Métis avaient un drapeau rouge, avec la figure
d'un huit placé horizontalement. On a d'autres témoignages
confirmant ce fait. On s'est demandé ce que signifiait cet insigne.
Qu'on me permette cette interprétation qui est évidemment
sujette à caution. À mon avis ce huit n'en est pas un. C'est
tout simplement deux anneaux d'une chaîne ou deux anneaux réunis
qui signifient l'union des Français et des Indiens dans la formation
d'une race nouvelle.
Cette race devait jouer un rôle important plus tard tant par son
nombre que par son organisation et ses luttes. Elle existe encore, désormais
unie à tous ceux de sang français et de langue française.
C'est au sein de nos populations qu'elle se perpétue, conservant
encore certaines caractéristiques héritées des vieux
Voyageurs. Au sein de nos luttes pour la survivance de la vie française
et catholique, nous retrouvons toujours à nos côtés
ces vieux Métis et leurs fils aussi fiers et aussi fidèles
que leurs pères.
J'ai essayé, Mesdames, messieurs, d'exciter votre intérêt
à l'endroit d'un type unique de notre histoire nationale, le Voyageur
canadien. J'avais ambitionné même de vous dépeindre
quelle a été son influence dans tous les domaines. Je m'aperçois
qu'après avoir provoqué votre sympathie, je ne puis aller
plus loin tellement le sujet est vaste. L'on pourrait par exemple faire
tout un travail sur la langue parlée des Voyageurs, les expressions
et le vocabulaire qu'ils ont créés et qui sont passés
dans la littérature aussi bien anglaise que française du
temps ou encore sur ces noms délicieux et pittoresques qu'ils ont
si généreusement appliqués aux gens et aux choses
qu'ils ont rencontrés au hasard de leur vie vagabonde. Nos rivières
et leurs innombrables portages, nos lacs et les plus modestes ruisseaux,
nos prairies, nos vallées, nos montagnes: tout, gens, animaux et
choses ont été enrichis de leur présence. Et l'influence
française, faite de tous ces impondérables, en a été
grandie.
Le poète ancien a parlé de ces hommes choisis qui se passent
de main en main le flambeau de la vie quasi cursores, lampada vitae tradunt...
Ainsi tu m'as apparu, humble voyageur, tel un coureur portant dans tes
mains durcies par la misère, le flambeau de notre vie canadienne-française
dont tu restes malgré tes imperfections, un type authentique aussi
digne d'affection et de respect que d'estime et d'admiration.
Le
«VOYAGEUR»
La
vie du «VOYAGEUR»
Accueil
Accueil
du site
|