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Histoire de la Province oblate du ManitobaVOIR AUSSI AU PAYS DE RIEL Au cours de son histoire, le territoire de la Province oblate du Manitoba a connu d'importants changements. À l'arrivée des Oblats dans l'Ouest en 1845, la mission religieuse de la Rivière-Rouge comprenait tout le territoire à l'ouest des Grands Lacs. Le 24 avril 1851, les premières provinces et premiers vicariats des missions furent créés. On y trouvait la Province du Canada-Est et le Vicariat religieux de la Rivière-Rouge. Ainsi, dès la première structuration de la Congrégation des Oblats, la Rivière-Rouge était une unité administrative distincte ayant une certaine autonomie. Au cours des années, la création de nouveaux vicariats religieux allait réduire la superficie du Vicariat de la Rivière-Rouge : en 1864, les régions de l'Athabaska et du Mackenzie deviennent un vicariat; en 1868 le Vicariat religieux de Saint-Albert est créé. En 1904, le statut du Vicariat religieux de la Rivière-Rouge est modifié à celui de Province qui fut connu par la suite comme la Province oblate du Manitoba. Les changements administratifs de 1926 ne modifièrent pas les frontières territoriales de la Province oblate du Manitoba mais les membres allemands et polonais de la Province sont transférés à la Province de St. Mary's nouvellement créée. Avec la restructuration de 1983, les vice-provinces de Keewatin et de la Baie d'Hudson sont fusionnées à la Province oblate du Manitoba. De 1868 à 1983, le territoire du vicariat de la Rivière-Rouge, et plus tard de la Province oblate du Manitoba , comprend la partie sud de la Saskatchewan, le sud du Manitoba ( de la pointe nord des lacs Winnipegosis et Winnipeg à la frontière américaine), une partie de l'Ontario à l'Ouest de Thunderbay et, pour un temps, des endroits au Minnesota et au Dakota du Nord. Arrivés à Saint-Boniface le 25 août, le frère Alexandre Taché et le père Pierre Aubert posèrent les premiers jalons de l'oeuvre missionnaire des Oblats dans le Nord-Ouest qui deviendra l'Ouest canadien, les Territoires du Nord-Ouest, le Yukon et la Colombie-britannique. Les premiers Oblats à venir à la Rivière-Rouge furent rapidement secondés si bien que les Oblats devinrent la congrégation religieuse d'hommes la plus importante de l'Ouest et du Nord canadien. Dès humbles débuts de Aubert et Taché à la Rivière-Rouge, les Oblats continuèrent leur marche vers l'Ouest fondant de nombreuses missions sur leur passage. En 1864, lors de la première subdivision du Vicariat des missions de la Rivière-Rouge, 30 Oblats avaient soit fondé une mission ou assuré une visite à plus de 45 endroits de la Rivière-Rouge à Youcon (dans ce qui est aujourd'hui l'Alaska) et Fort McPherson. Comme le démontre bien cette rapide expansion, les Oblats sont certainement bien connus pour leur travail d'évangélisation auprès des Premières Nations. En plus de fonder des missions dans autant d'endroits que possible, ils se sont aussi consacré à leur éducation en prenant la direction d'écoles industrielles et résidentielles. La première école industrielle fut ouverte à Lebret en 1884. Au Manitoba la première de celles-ci fut l'École industrielle de Saint-Boniface. Les Oblats ont aussi pris la charge des écoles résidentielles de Fort-Alexandre (1905-1970), Sandy Bay (1905-1970), Fort Frances (1906-1974), Lestock (1897-1976), Camperville (1890-1969), kenora (1897-1972), Marieval (1898-1972), McIntoch (1925-1969) et Winnipeg (College Assiniboia: 1958-1973). Toujours dans le domaine de l'éducation, de 1860 à 1866, les Oblats ont administré le Collège de Saint-Boniface et de nouveau de 1870 à 1878. Durant cette dernière période, Théophile Lavoie o.m.i. (1836-1908), alors administrateur du collège, en consultation avec Monseigneur Alexandre Taché, se chargea de l'incorporation du collège (1871) et négocia, à titre d'un des représentants des collèges fondateurs, la création de l'Université du Manitoba. Le St. John's College (Anglican) et le Manitoba College (Presbytérien) étaient les deux autres collèges co-fondateurs. Le Collège Catholique de Gravelbourg (1918), Saskatchewan, nommé plus tard Collège Mathieu (1922), était une autre des institutions importantes pour l'éducation des garcons. En 1920, les Oblats prennent la charge du Collège. De 1924 à 1968, le Collège était affilié à l'Université d'Ottawa qui avait été fondée et était dirigée par les Oblats. Assez tôt, les Oblats s'étaient rendus compte de l'importance des média. En avril 1862 paraissait la première publication des Missions de la congrégation des Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée. Cette publication était aux Oblats ce que les Relations étaient aux Jésuites. Au Manitoba, les Oblats ont aussi reconnu l'importance de publier. En 1907, pour donner de solides assises aux publications catholiques, ils créent la West Canada Publishing Company et prennent en main la North West Review qu'avait fondée, em 1885, Monseigneur Alexandre Taché. S'ajoutèrent à celle-ci la Gazeta Katolicka (polonais, 1908), la West Kanada (allemand, 1909), la Canadian Ruthenian (ukrainien, 1911) et La Liberté (1913). C'était aussi un Oblat, Monseigneur Adélard Langevin, qui, en 1902, fonda Les Cloches de Saint-Boniface. Une revue, L'Ami du Foyer (1905-1968) comptait 5 000 abonnés en 1908. Toujours dans le domaine de la presse, Gontran Laviolette o.m.i. (1911-1989) fonda, en 1938, The Indian Record qui rejoignait une clientèle autochtone jusqu'en 1987. Le travail original des Oblats dans le domaine de la recherche, de la rédaction et de la publication de dictionnaires, de grammaires et de livres de prières dans les langues autochtones mérite d'être mentionné car il s'agit de travaux d'ouvriers de la première heure. Des Oblats s'y sont consacré dès leur arrivée dans l'Ouest et certains s'y occupaient jusqu'à tout récemment. Certains de ces livres ont été publiés en syllabiques. De plus, un certain nombre d'ouvrages scientifiques, théologiques et historiques furent publiés par des Oblats comme l'illustre bien la bibliographie de Adrien-Gabriel Morice (1859-1938), pour n'en nommé qu'un seul. Les Oblats étaient aussi bien actifs dans le domaine des institutions consacrées à la promotion, le recrutement et la formation d'Oblats. En 1905, les Oblats fondent le Juniorat de la Sainte-Famille à Saint-Boniface. Pour assurer une formation initiale des candidats à la vie oblate, Monseigneur Alexandre Taché avait ouvert un noviciat en 1887 à Saint-Laurent. Ce noviciat connu plusieurs déménagements. En 1897, Monseigneur Adélard Langevin le déménage à Saint-Charles. En 1909, c'est au Juniorat de la Sainte-Famille qu'il se trouve. En 1924, c'est de nouveau à Saint-Laurent qu'on situe le noviciat qui servira jusqu'en 1928-1929 de noviciat inter-provincial pour les candidats allemands, anglais et Francais. Par la suite, il demeure un noviciat des candidats francophones jusqu'en 1950 lorsqu'il est transféré à Saint-Norbert. Au cours des années '60, cette institution cesse de servir de noviciat étant donné le manque de vocations. En 1927, vu le nombre croissant de candidatures à la prêtrise, les Oblats fondent le scolasticat de Lebret, Saskatchewan. Cette institution ferme ses portes en 1967. Lers Oblats ont aussi contribué grandement à la vie paroissiale. Ils ont fondé plusieurs paroisses sur le territoire dont ils avaient juridiction. Dans bien des endroits, ils ont joué un rôle important en aidant les immigrants tel que les Ukrainiens, les Allemands, les Polonais et les Italiens. Les Oblats étaient biens connus pour les retraites paroissiales qu'Eugène De Mazenod, leur fondateur, avait ciblé comme oeuvre de prédilection. La Maison de Retraites de Saint-Boniface, aussi connue comme la Maison Notre-Dame du Cénacle, avait été fondée en 1942 et remise, en 1945, entre les mains des Oblats par Monseigneur George Cabana. Grâce à Paul Gorieu o.m.i. une ligue de recrutement et de renouveau pour les retraites était mise sur pied. En 1960, la Villa Maria était officiellement ouverte à Saint-Norbert et reste encore aujourd'hui un important centre de retraites et de services connexes. Par delà ces divers champs d'activités, les Oblats se sont distingués comme chapelains de plusieurs communautés religieuses, d'hôpitaux, des Forces armées et des prisons. Ils se sont aussi consacrés à la thérapie pour la réhabilitation des alcooliques et à la croissance personnelle (dont les maisons de croissance de Raymond Beauregard). D'autres se taillèrent une carrière dans le domaine du développement de la personne tel que Personalité et Relations Humaines (PRH). Le laïcat a aussi été inité à l'esprit missionnaire oblat. L'Association missionnaire de Marie Immaculée (AMMI) est une association pieuse de fidèles qui s'associent aux oeuvres des oblats par la prière et l'aumône. Instituée officiellement en 1893 par le Chapitre des Oblats, l'AMMI-Winnipeg fut fondée par le pére Lomer Laplante en 1948 qui s'inspirait de l'orientation, des caractéristiques et pour une bonne part de l'organisation de l'Action Catholique Spécialisée. C'est ainsi, que du même coup les Oblats lancent l'AMMI et l'Action catholique. Sous le provincialat du père Paul Piché, l'orientation de l'AMMI changea et se scinda de l'Action catholique. En 1959, l'AMMI fit reprise en charge par le père Lomer Laplante. Elle se donnait alors comme mission la formation foncièrement chrétienne de ses membres et la collaboration à l'oeuvre des vocations et des missions oblates. En 1978, l'AMMI comptait à peu près 3 500 membres. Ses activités comprennent en plus des rencontres régulières, des présentations audiovisuelles, des sessions PRH, des Souper-Rencontre l'automne et la publication, depuis juin 1968, d'une revue, Mon Frère et moi, dont le tirage s'est élevé jusqu'à 2 400. |
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