La généalogie à la Société historique de Saint-Boniface
Si l'abbé Picton avait eu un ordinateur!
Vous cherchez vos racines manitobaines ? Ne soyez pas surpris à un moment donné de
faire connaissance avec l'abbé Pierre Picton, l'ange gardien, s'il y en a un, des
généalogistes franco-manitobains.
Décédé en 1963, l'abbé Pierre Picton a légué à la Société historique de
Saint-Boniface son importante et imposante collection de notes de recherches sur les
familles canadiennes et métisses du Manitoba.
Importante, car elle résume des années de recherches dans les registres de l'Église
et de conversations avec les anciens du pays. Imposante, car elle comprend plusieurs
milliers de documents écrits de la main de cet infatigable chercheur.
Savoyard d'origine, d'un tempérament pas toujours commode aux dires des personnes qui
l'ont connu, l'abbé Pierre Picton a également rendu de nombreux services aux membres de
la Société en répondant aux demandes de renseignements historiques en tous genres. En
plus de ses dossiers généalogiques, il a laissé plusieurs manuscrits sur l'histoire du
Manitoba.
La collection de l'abbé Picton est encore aujourd'hui l'une des sources obligatoires
de renseignements sur les familles métisses de l'Ouest. Et au fur et à mesure que la
Société historique fait l'acquisition de nouvelles sources, il est frappant de voir
comment l'abbé Picton, avec comme seuls outils une mémoire phénoménale et des bouts de
papier épars, a vu juste. S'il avait eu un ordinateur, imaginez le travail qu'il aurait
accompli!
Car aujourd'hui, l'ordinateur s'impose dans le domaine des recherches généalogiques.
Les banques de données compilées par Alfred Fortier, directeur général de la Société
historique de Saint-Boniface, à partir des dépositions des Métis du Manitoba et du
Nord-Ouest, des recensements du 19e siècle, et des registres des paroisses manitobaines,
permettent aux généalogistes d'encore mieux se documenter que par le passé.
Reconstitution des registres perdus
Lorsque la Cathédrale de Saint-Boniface fut détruite par le feu en 1860, les
registres de baptêmes, mariages et sépultures furent presque entièrement perdus. Le
père Antoine Champagne, spécialiste des La Vérendrye et généalogiste hors pair, a
calculé que 80 % des actes touchant les premières familles métisses de l'Ouest et de
Pembina ont disparu dans l'incendie. |

De gauche à droite : le père Elzéar de l'Étoile
c.ss.r., Francis Falcon surnommé «Poule d'Eau», petit-fils du chansonnier métis Pierre
Falcon, et l'abbé Pierre Picton. (ASHSB-635)
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| Aujourd'hui, en utilisant les dépositions des Métis (1875)
et d'autres sources comme les recensements, la Société historique de Saint-Boniface a pu
reconstituer de 1 200 à 1 300 naissances des premiers habitants de Saint-Boniface et de
Saint-Vital durant la période allant de 1818 à 1860.
« En comparant les informations des dépositions avec
l'information dans les registres de Saint-François-Xavier, on constate qu'il y a souvent
d'un à deux ans de différence dans l'âge de la personne», explique Alfred Fortier.
«Ces documents ne nous donnent pas la date de mariage. Mais on peut l'estimer en
utilisant la date de naissance du premier enfant. »
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