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Notes sur les premiers Registres de Saint-Boniface ainsi que sur ceux de Pembina, détruits par l'incendie du 14 décembre 1860

Les Registres de la paroisse de Saint-Boniface sont les premiers qui aient été ouverts dans le pays. L'Église Catholique a toujours été anxieuse de conserver les annales de la grande famille dont elle est la mère. C'est pourquoi tous ceux qui ont charge d'âmes dans l'Église Catholique, sont tenus d'enregistrer les baptêmes, les mariages et les sépultures dont ils sont les ministres, dans les lieux confiés à leur sollicitude.

Le Très Révérend Monsieur Joseph Norbert Provencher, fondateur de la paroisse de Saint-Boniface, fut fidèle à cette obligation et à son arrivée dans le pays, il ouvrit des registres où étaient consignés les naissances spirituelles, par le baptême, les mariages chrétiens et les sépultures ecclésiastiques. Ces statistiques vitales sont les premières connues dans le Manitoba et les immenses territoires du Nord-Ouest Canadien.

Le Révérend Monsieur Sévère Dumoulin, compagnon de voyage de Monsieur le Grand Vicaire Joseph Norbert Provencher, et arrivé avec lui, le 16 juillet 1818, à Saint-Boniface, s'en sépara pour aller, sous sa direction, donner les secours religieux aux populations alors stationnées à Pembina, aujourd'hui Territoire du Dakota, dans les Etats-Unis.

Le missionnaire de Pembina obéit, aussi lui, à la loi de l'Église lui onjoignant de tenir registres; il le fit jusqu'à son départ du pays qui eut lieu en 1823.

Un intérêt extrême se rattache tout naturellement, à ces documents qui constatent les mouvements de la population catholique de ces vastes régions. Malheureusement, ces Archives, si riches d'intérêt, ont été détruites par l'incendie du palais épiscopal de Saint-Boniface, le 14 décembre 1860. C'est une perte presque irréparable et en apprenant la destruction de la Cathédrale et de la demeure épiscopale, notre pensée se porta sur ces précieuses archives. Nous comprimes qu'avec le temps, il nous serait possible de réparer les autres pertes, mais que la perte des registres était sans compensation vu qu'il n'y en avait qu'une copie.

Tout ce qui concerne Pembina a été brûlé.

Des registres de Saint-Boniface, on a trouvé dans les décombres, tous les Actes de 1825, une partie de ceux de 1829 et de 1830, un Acte de 1831, tous ceux de 1832, la plupart de ceux de 1833, et presque tous ceux de 1834. Le reste a été consumé, on n'en a pas même trouvé de vestige.

Nous nous sommes efforcés de combler en quelque chose, la lacune faite par cette perte immense, sinon d'une manière satisfaisante, du moins en recueillant les quelques données qui peuvent ginder dans une recherche aussi difficile, et en mettant en regard des points de comparaison, qui permettent d'indiquer des chiffres approximatifs.

Pour Pembina, et les premières années de Saint-Boniface, nous avons trouvé quelques renseignements dans des lettres écrites par le Révérend Monsieur Dumoulin.

Pour la période de 1823 à 1834, les fragments recueillis dans les décombres et les bâtisses incendiées, et les numéros attachés aux actes, ainsi que quelques récapitulations qui s'y trouvaient aussi, nous ont conduit à un résultat qui ne peut pas être très éloigné de la vérité, dans l'ensemble, quoiqu'il doive y avoir nécessairement quelques erreurs en assignant le nombre d'Actes à chaque année.

Pour les seize années qui ont précédées l'incendie et la destruction des registres, nous avons eu recours aux différents recensements civils faits dans le pays, et dans lesquels nous trouvons, à différentes époques, le chiffre de la population catholique, tant pour Saint-Boniface (Red River) que pour St-François-Xavier de la Prairie du Cheval Blanc (Grantown). Or les registres de St-François-Xavier existent dans toute leur intégrité depuis 1834 jusqu'à ce jour. De plus, la population de cette paroisse était, à l'époque dont nous nous occupons, identique à celle de Saint-Boniface. Donc, connaissant les populations respectives de ces deux paroisses, à plusieurs époques données, ayant les registres complets de l'une d'elles, on peut arriver à établir d'une manière satisfaisante, le nombre d'Actes qui devait se trouver dans les registres de l'autre paroisse. D'après ces données diverses nous indiquons plus loin pour chaque année le nombre d'Actes que nous regardons comme ayant été probablement enregistrés dans la paroisse de Saint-Boniface et aussi dans la mission de Pembina. (signé) _ Alex: Arch. de Saint-Boniface O.M.I.

1818

Les Registres de Saint-Boniface se sont ouverts en 1818. Dès la première année on a vu consignés dans ces documents environ :

60 Baptêmes - 16 Mariages

Une lettre du Révérend Monsieur Dumoulin à Monseigneur Plessis, au commencement de janvier 1819, constate que le registre de Pembina renfermait en 1818 :

52 Baptêmes dont 7 d'adultes.

D'après des renseignements postérieurs, on peut porter à une dizaine le nombre de mariages faits cette année.

1819

Un voyage fait par Monseigneur Joseph Norbert Provencher au Lac Qu'Appelle, donna lieu à un plus grand nombre de baptêmes et de mariages que l'année précédente, et on peut en porter le chiffre à :

90 Baptêmes - 18 Mariages

De son côté le Révérend Monsieur Dumoulin vit toutes les populations dispersées dans les prairies au sud de Pembina, et eut la consolation d'administrer le Saint-Baptême à un bon nombre de métis, et de bénir plusieurs unions, dont voici les chiffres approximatifs :

100 Baptêmes - 25 Mariages

1820

Monsieur Provencher descendit à Québec dans le cours de cette année, mais, entre lui et le Révérend Monsieur Picard Destroismaisons qui le remplaçait, ils firent :

80 Baptêmes - 13 Mariages

La population se portant en plus grand nombre à Pembina, Monsieur Dumoulin fit :

115 Baptêmes - 15 Mariages

1821

La page suivante indique sur quoi on s'est basé pour arriver aux chiffres des pages précédentes. Ces renseignements, joints à ceux que nous trouvons en 1823, nous permettent de croire que les annales de Saint-Boniface ont du enregistrer pour 1821 :

85 Baptêmes - 9 Mariages

et une trentaine de sépultures entre cette année et les trois précédentes.

Le 6 janvier, (1821) il y avait au registre de Pembina :

267 Baptêmes.

Le 25 mai 1821, Monsieur Dumoulin écrivait : "Nous sommes rendus à Pembina à 313 baptêmes; à Saint-Boniface le nombre est moindre." Au commencement de juin de la même année, le même Monsieur Dumoulin écrivait : "Nous avons sur les registres de Pembina : 328 Baptêmes, 56 Mariages, 31 Sépultures."

Ces données permettent d'assigner à l'année 1821 environ :

85 Baptêmes - 10 Mariages

Le nombre de mariages devait naturellement diminuer puisqu'on avait réhabilité, aussitôt que possible, ceux qui étaient déjà contractés.

1822

Disons qu'en 1822 il y eut à Saint-Boniface :

60 Baptêmes - 7 Mariages

La population de Saint-Boniface prit la prépondérance cette année là. Cette année les archives de Pembina ont dû enregistrer :

50 Baptêmes - 6 Mariages

1823

C'est cette année que les colons de Pembina durent abandonner le territoire des Etats-Unis, et ils allèrent fonder la Paroisse de St-François-Xavier de la Prairie du Cheval Blanc (Grantown) parce que Monsieur Grant fut le promoteur de ce mouvement. Cette population fut desservie par les prêtres de Saint-Boniface, et les registres de cette dernière localité renfermaient les Actes faits à St-François-Xavier ainsi que ceux accomplis à Saint-Boniface même. Il est donc tout naturel de trouver des chiffres plus élevés. Ils peuvent se lire comme suit :

130 Baptêmes - 20 mariages - 7 Sépultures

Au départ de la population de Pembina Monsieur Dumoulin reprit la route de Québec. Les registres furent fermés, mais on trouve dans un mémoire du zélé missionnaire, les renseignements suivants :

"Pendant les cinq années que j'ai passées à la Rivière Rouge, le baptême à 800 personnes, tant enfants qu'adultes, 120 mariages ont été célébrés ou réhabilités, et 150 personnes admises à la première communion. Ce sont ces chiffres, avec ceux indiqués en 1821, qui nous ont permis d'assigner comme chiffres probables, et même à peu près certains, ceux contenus dans les pages précédentes."

Le 18 juillet 1823, Mgr Provencher écrivait à Mgr Telmesse :

"Nous approchons 900 baptêmes"

1824

Les registres de 1824 ont été brûlés, et nous n'avons pour nous guider d'une manière certaine, que les chiffres de 1825 qui, heureusement, ont été en partie, préservés de l'incendie. La population n'ayant pas beaucoup changée d'une de ces années à l'autre, nous croyons pouvoir dire qu'en 1824, il s'est fait :

150 Baptêmes - 28 Mariages - 8 Sépultures

Il est bon d'observer que le nombre de sépultures ne donne pas une idée exacte de la mortalité de la population. On voyageait tant à cette époque surtout en été, que plusieurs personnes mouraient en voyage et étaient enterrées à l'endroit de leur décès.

1825

Tous les Actes de cette année faits antérieurement au 29 mai, ont été brûlés, et on voit d'après l'énumération de ce qui suit, qu'il y avait déjà eu avant cette date :

50 baptêmes, 8 mariages et 5 sépultures.

Les Actes du 29 mai au 24 juillet, sont conservés.

Le 13ième feuillet du registre a disparu dans l'incendie.

Le reste de l'année 1925 est complet et la récapitulation qui la termine établit les chiffres suivants d'une manière certaine :

152 Baptêmes - 30 Mariages - 9 Sépultures

1826

Les registres de 1826 sont tous consumés. Nous ne pouvons donc donner que des chiffres approximatifs, mais résultant du numérotage des Actes tel qu'établi par les fragments de registres qui nous restent. 1826 est l'année de la grande inondation. Aussi la population qui commençait à s'accroître assez sensiblement diminua beaucoup jusqu'en 1829. Les registres de 1826 doivent donc contenir moins d'Actes que ceux de 1825, mais comme l'émigration ne commença qu'en juin, cette année dans son ensemble a été plus fructueuse que les années suivantes; c'est pourquoi nous portons le chiffre des registres à :

135 Baptêmes - 20 Mariages - 10 Sépultures

Ajoutant ce nombre d'Actes à ceux inscrits et numérotés pendant l'année 1825, on obtiendrait les numéros suivants :

287 Baptêmes - 50 Mariages - 19 Sépultures

1827

Les registres de cette année sont brûlés. La diminution de la population pendant l'année précédente se fit sentir cette année. Les registres ne doivent pas contenir plus de :

110 Baptêmes - 17 Mariages - 8 Sépultures

Ajoutant ce nombre d'Actes aux numéros indiqués à la fin de 1826, on obtiendrait pour total des Actes enregistrés les trois dernières années, les numéros suivants :

397 Baptêmes - 67 Mariages - 27 Sépultures

1828

Nous constatons ici aussi, avec peine, la destruction des registres pour 1828; mais, avec les données que fournissent les archives des années précédentes et de la suivante, nous donnons à l'année 1828, les chiffres suivants :

102 Baptêmes - 14 Mariages - 12 Sépultures

Ces nombres, joints à ceux indiqués à la fin de 1827, établiraient la numération des derniers Actes de 1828 respectivement comme suit :

499 Baptêmes - 81 Mariages - 39 Sépultures

1829

Les Actes depuis le 7 juin 1829, jusqu'à la fin de la même année ont échappé à l'incendie. À la fin des douze mois il y a dans le registre, la récapitulation suivante pour toute l'année :

96 Baptêmes - 11 Mariages - 13 Sépultures

Ce qui prouve évidemment, d'après la numération des Actes conservés, que dans les mois qui ont précédé le 7 juin 1829, il s'est fait :

49 Baptêmes - 4 Mariages - 6 Sépultures

Comme on le voit aux pages suivantes, la numération des Actes enregistrés, établit d'une manière certaine, le nombre total des Actes qui se sont faits depuis le 1er janvier 1826 jusqu'au 7 juin 1829.

Nous sommes donc certains de la somme collective de ces Actes, pour l'époque sus-mentionnée. L'erreur, s'il y en a, ne peut porter que sur la distribution de ces Actes entre les différentes années.

1830

Pour l'année 1830, on a trouvé dans les ruines de l'Evêché, les feuillets où étaient inscrits les Actes jusqu'au 9 avril inclusivement. Le numérotage qui se continue prouve que ces feuillets appartenaient au même registre que celui qui contenait tous les Actes depuis le commencement de 1825.

Un numérotage différent se trouve dans ce qui a échappé à la destruction pour les années suivantes, et ce numérotage établit aussi, d'une manière incontestable, qu'un nouveau registre avait été ouvert dans le cours de 1830 et que pas moins de 123 Actes de baptêmes y étaient inscrits, pour la dernière partie de cette même année 1830.

Supposant donc que l'Acte fait le 9 avril et numéroté 633 soit le dernier du registre dans lequel il est inscrit, nous aurons, au moins 161 baptêmes pour cette année.

D'après les mêmes données, il y a eu 14 mariages, au moins, enregistrés sur le premier registre dont nous parlons et 19 sur le second; faisant un total d'au moins 33 mariages pour 1830.

Toujours d'après les mêmes numérotages il n'y aurait eu que 6 sépultures faites en 1830, dont 2 consignés dans l'ancien registre et 4 dans le suivant.

Nous ne saurions trop répéter qu'ignorant l'époque à laquelle le second registre a été commencé; nous ne pouvons que présumer que nous avons la dernière page de celui qui l'a précédé. Si cette page n'est pas la dernière, il y a des Actes dont nous n'avons pas le nombre.

161 Baptêmes - 33 Mariages - 6 Sépultures

1831

Un seul Acte a échappé à la destruction pour l'année 1831. C'est celui de la sépulture d'un enfant sauvage. Heureusement, cet Acte est suivi de la récapitulation de tous les Actes de l'année, ce qui établit d'une manière certaine, le nombre de ces Actes qui se lit comme suit :

259 Baptêmes - 36 Mariages - 19 Sépultures

Le premier recensement civil que nous connaissons comme ayant été fait dans le pays, a eu lieu cette année 1831. Il constate une population catholique de 245 âmes à St-François-Xavier, et de 1118 dans le reste de la colonie. Ce recensement ne garantit nullement l'élévation du chiffre de 259 baptêmes faits pendant l'année. Ces chiffres mis en regard, prouvent tout simplement que les missionnaires avaient fait plusieurs courses apostoliques et, qu'à leur retour, ils enregistraient dans les Archives de Saint-Boniface les Actes qu'ils avaient faits pendant ces voyages.

1832

Les pages précédentes prouvent que les annales de 1832 ont échappé à l'incendie. Tous les Actes y sont complets et peuvent se récapituler comme suit :

151 Baptêmes - 29 Mariages - 15 Sépultures

1833

Les registres pour 1833 a échappé en partie à la destruction tout en subissant des pertes considérables.

Nous regrettons, de plus, de constater que pendant cette année, le numérotage des Actes n'a pas reçu tout le soin possible; ce qui empêche de remplir les lacunes d'une manière satisfaisante. S'il faut s'en rapporter à cette numération, 8 actes de mariages auraient été détruits puisque le dernier Acte de mariage de 1832 porte le numéro 84, tandis que le premier que l'on trouve dans le Registre de 1833, porte le numéro 93. Il est plus que probable que ces Actes ont été faits, car il est assez rare que tout le mois de janvier se passe sans qu'il y ait de mariages, et celui du numéro 93 n'a eu lieu que le 5 février.

D'un autre côté, la récapitulation de l'année indique que 34 mariages ont été faits. Comme il y en a 28 enregistrés, à partir du 5 février, il s'en suit que 6 ont été faits antérieurement à cette date, et consignés sur les feuillet soixante et sixième et soixante et septième du registre, qui n'ont pas été trouvés dans les ruines.

Quant aux baptêmes, les numéros, au lieu de faire défaut, surabondent, puisque la partie que nous possédons du registre de 1833, commence par les numéros : B. 532 et B. 533, tandis que le registre de 1832 finit par les mêmes numéros : B. 532 et B. 533.

De plus, le dernier numéro de 1833 est B. 710 et la récapitulation assigne à toute l'année 195 baptêmes. Ce qui semblerait indiquer que les premiers Actes de cette année ont répété plusieurs numéros de l'année précédente et que les deux feuillets qui manquent contenaient autres choses que des Actes de Mariages.

Ici il manque six pages, c'est-à-dire les feuillets soixante-dix-sept, soixante-dix-huit et soixante-dix-neuf.

L'acte de mariage numéro 107, commence sur la page précédente se trouve en partie détruit.

Soit sur ces trois feuillets ou sur quatre-vingt-unième et quatre-vingt-deuxième qui manquent aussi, il devrait y avoir deux autres actes de mariages, puisque le premier numéro que l'on rencontre ensuite est le numéro 110.

L'acte de sépulture numéro 44 fait aussi défaut, ainsi que les Actes de baptêmes, depuis le numéro 602 au numéro 630 inclusivement.

La lacune, comme on le voit d'après ce qui précède et ce qui suit, couvre la période qui s'étend du 28 mai au 5 août.

Quatre pages manquent ici, ce sont les feuillets quatre-vingt-unième et quatre-vingt-deuxième. Sur ces deux feuillets se trouvaient 17 Actes de baptêmes, portant les numéros depuis 637 à 653 inclusivement. Il manque aussi un acte de sépulture numéro 49.

Quant aux deux Actes de mariages 108 et 109 ils étaient ou sur ces feuillets ou sur ceux dont nous avons parlé à la page 143.

Note importante

Du 2 décembre 1834 au 23 décembre 1860, la destruction des registres est complète. Il ne nous reste plus pour nous guider, que les comparaisons avec St-François-Xavier, à l'aide des recensements civils. C'est en 1834 que l'on commença à tenir registres à St-François-Xavier, et l'on possède au complet deux de Saint-Boniface pour la même année. C'est aussi en 1834 qu'eut lieu le second recensement civil du pays. Ces différents archives établissent les chiffres suivants :

  Baptêmes Mariages Sépultures Recensement
Saint-Boniface 187 21 32 1449 âmes
St-François-Xavier 58 14 13 503 âmes

Dans la première décade qui suit 1834, on constate par les trois recensements qui ont eu lieu, que la population qui s'était d'abord accrue proportionnellement entre les deux paroisses, perdit ensuite cet équilibre pour laisser à St-François-Xavier une plus grande augmentation proportionnelle. Nous prendrons néanmoins pour base de notre calcul, la proportion moyenne entre ces deux populations pendant toute la décade, se terminant en 1844.

Pendant cette décade, la population de Saint-Boniface est 2 5/10 plus considérable que celle de St-François-Xavier. C'est pourquoi nous multiplierons par 2 5/10 les Actes des registres de St-François-Xavier pour avoir approximativement, le nombre de ceux faits à Saint-Boniface. C'est sur ce principe que nous basons le tableau suivant qui est certain pour St-François-Xavier, mais laisse certainement à désirer pour Saint-Boniface.

Baptêmes Mariages Sépultures Recensement
1835 - St-François-Xavier 51 3 7
Saint-Boniface 128 8 18
1836 - St-François-Xavier 40 7 14
Saint-Boniface 100 18 35
1837 - St-François-Xavier 37 6 5
Saint-Boniface 93 15 13
1838 - St-François-Xavier 41 3 2 527 âmes
Saint-Boniface 103 8 5 1674 âmes
1839 - St-François-Xavier 57 14 8
Saint-Boniface 141 35 20
1840 - St-François-Xavier 51 7 9 692
Saint-Boniface 128 18 23 1846
1841 - St-François-Xavier 51 10 10
Saint-Boniface 128 25 25
1842 - St-François-Xavier 53 8 7
Saint-Boniface 133 20 18
1843 - St-François-Xavier 49 4 24 841
Saint-Boniface 123 10 60 1785
1844 - St-François-Xavier 65 8 21
Saint-Boniface 163 20 53

Les deux recensements faits pendant la décade qui commence en 1845 constate donc diminution plutôt qu'une augmentation de population catholique dans la colonie d'Assiniboia. Ce phénomène s'explique par le fait que la liberté de commerce proclamée par les métis, les poussa vers les prairies où ils passaient presque toute l'année pour traiter avec les sauvages. La preuve de ceci c'est que les registres de St-François-Xavier constatent une augmentation dans les Actes faits dans cette paroisse par la raison toute simple que les hivernants venaient dans la colonie pour se marier, faire baptiser leurs enfants et même souvent enterrer leurs morts. Un grand nombre accomplissait ces devoirs à St-François-Xavier; ce qui diminuait nécessairement le nombre d'Actes faits à Saint-Boniface, en sorte que la proportion entre les deux paroisses n'a pas dû être pendant cette décade de plus de 1 à 3, et c'est cette proportion que nous prenons pour base du tableau suivant, dans lequel on remarquera le grand nombre de mortalités en 1846, par suite de l'épidémie qui affligea le pays.

Baptêmes Mariages Sépultures Recensement
1845 - St-François-Xavier 35 10 11
Saint-Boniface 70 20 22
1846 - St-François-Xavier 49 3 70 904 âmes
Saint-Boniface 90 6 140 1668
1847 - St-François-Xavier 54 10 9
Saint-Boniface 108 20 18
1848 - St-François-Xavier 43 9 5
Saint-Boniface 86 18 10
1849 - St-François-Xavier 63 9 9
Saint-Boniface 126 18 18
1850 - St-François-Xavier 55 9 11
Saint-Boniface 110 18 22
1851- St-François-Xavier 62 12 11
Saint-Boniface 124 24 22
1852 - St-François-Xavier 51 10 14
Saint-Boniface 102 20 28
1853 - St-François-Xavier 89 13 10
Saint-Boniface 178 26 20
1854 - St-François-Xavier 72 10 11
Saint-Boniface 144 20 22

Au milieu des trois années qui suivent il y a eu un recensement officiel. Ce recensement constate un accroissement assez rapide de population dès l'année 1856. Naturellement, les registres de St-François-Xavier se ressentent de cette augmentation et ils l'affirment. D'après ce recensement la population totale de St-François-Xavier est à peu près la moitié de celle des autres localités dont les Actes étaient enregistrés à Saint-Boniface. Nous continuerons donc à doubler les Actes de St-François-Xavier pour obtenir approximativement ceux que nous cherchons.

Baptêmes Mariages Sépultures Recensement
1855 - St-François-Xavier 61 6 30
Saint-Boniface 122 12 60
1856 - St-François-Xavier 82 16 24 1084 âmes
Saint-Boniface 164 32 48 2239
1857 - St-François-Xavier 79 21 12
Saint-Boniface 158 42 24

Pendant les trois dernières années qui précédèrent l'incendie de la cathédrale, le mouvement de la population catholique de la colonie d'Assiniboia se continua à peu près dans les proportions que nous avons indiquées plus haut, laissant aux registres de Saint-Norbert a consigné à peu près le tiers des Actes de baptêmes, mariages et sépultures accomplis dans la colonie. Les deux autres tiers appartiennent aux registres de Saint-Boniface moins ceux qui se trouvent dans les registres de Saint-Norbert, commencés précisément à cette époque. Dans le tableau suivant, nous donnons les chiffres certains, tels que marqués aux registres de St-François-Xavier et de Saint-Norbert pour les années 1858, 1859 et 1860 et indiquons d'une manière approximative ceux que nous présumons s'être trouvés aux registres de Saint-Boniface et qui joints à ceux de Saint-Norbert forment précisément le double des Actes enregistrés à St-François-Xavier.

Baptêmes Mariages Sépultures Recensement
1858 - St-François-Xavier 87 17 13
Saint-Norbert 36 17
Saint-Boniface 138 17 26
1859 - St-François-Xavier 100 20 15
Saint-Norbert 42 7 5
Saint-Boniface 158 33 25
1860 - St-François-Xavier 110 21 28
Saint-Norbert 49 11 2
Saint-Boniface 171 31 54

 

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