ANDRÉ NAULT
(Extraits d'un texte présenté par le juge Louis-Arthur Prud'homme devant la Société
royale du Canada en mai 1928. Mémoires de La Société Royale du Canada, séance de mai
1928. Troisième série, tome XXII, section 1)
Cette transcription du texte du juge Louis-Arthur Prud'homme remplace les
majuscules par des minuscules selon l'usage courant.
Toujours prêt, toujours fidèle - ces quatre mots
résument toute la vie d'André Nault.
Comme les chevaliers du moyen âge, lorsqu'il avait entendu l'appel au devoir, il
partait sur l'heure pour accomplir la tâche assignée. On le vit bien à la Barrière
lorsqu'il posa le premier acte d'autorité du gouvernement provisoire, et à la
frontière, où il fut laissé baignant dans son sang avec une cicatrice à la tête qu'il
porta jusqu'à sa mort. Cousin de Riel, ce dernier, qui connaissait son inlassable
dévouement, ne l'épargna guère et le nomma capitaine. On le retrouve à la tête de sa
troupe, s'élançant en plein hiver, à travers la prairie pour capturer la brigade de
Boulton (1) qui menaçait de s'emparer du fort Garry et de
renverser le gouvernement formé par les colons. C'est encore André Nault qui commandait
le peloton de soldats qui exécutèrent Scott.
Quand O'Donohue (2) , n'écoutant que sa haine
héréditaire contre l'Angleterre, foula aux pieds le drapeau britannique, Riel ordonna de
hisser ce drapeau et plaça Nault au pied du mât où il flottait fièrement au dessus du
fort, avec instruction de fusiller sans merci quiconque oserait y «porter
une main téméraire» . Bref il fut l'homme lige de Riel parce que ce dernier
savait que Nault s'élèverait toujours par son courage indéfectible à la hauteur des
sacrifices qu'on lui demandait et qu'il était toujours prêt à mourir à son poste,
plutôt que de l'abandonner. Sans doute, Ambroise D. Lépine (3)
nommé commandant en chef des troupes et Elzéar Goulet (4)
lieutenant général, dans la hiérarchie militaire avaient préséance sur lui, mais on
peut dire qu'il constituait avec eux l'état major qui veillait à la garde du fort et à
la sûreté du gouvernement.
André Nault naquit à la
Pointe Douglas le 20 avril 1830 du mariage d'Amable Nault et de Josette Lagimodière.
Cette dernière était la fille du célèbre Jean-Baptiste Lagimodière qui fut chargé
par le gouverneur de la Compagnie [sic] de la Baie d'Hudson
d'aller porter une dépêche à Lord Selkirk. Ce hardi voyageur partit de la Rivière
Rouge [sic] le 1er novembre 1815 (5) et après avoir parcouru 1800 milles, atteignit Montréal à
pied. Il remit ses lettres à Lord Selkirk en personne. Le noble Lord lui demanda quelle
récompense il pouvait lui offrir pour ce service si important.
"Envoyez-nous des missionnaires, dit-il c'est tout ce que je
demande."
Sa mère était la fille de la première canadienne française au Nord Ouest et son
père était originaire de Berthier. Dès qu'il fut assez âgé pour suivre la caravane
des chasseurs de buffalo, il accompagna son père au plateau du Missouri. Dans quelques
unes de ces expéditions il prit part à ces chasses émouvantes. Excellent cavalier, il
réussit facilement à abattre sa part de gibier. Il vit un jour un buffle blessé, fondre
tout à coup sur un des chevaux des chasseurs, d'un coup de corne, le jeter sur le dos et
le percer ensuite de part en part. Il allait se précipiter sur le cavalier, lorsque
d'autres chasseurs lui envoyèrent une balle au coeur.
Toutefois André Nault se livra surtout à la culture du sol sur sa terre, lot 12 St.
Vital. Attaché à son foyer et à sa ferme, il était épris de la vie calme et paisible
du colon. Il avait hérité de ses ancêtres le culte de la terre et il y contracta les
vertus de travail et d'économie sur lesquelles repose la société. À cette époque, il
faut se rappeler qu'il n'y avait aucun moyen d'exporter les produits de la ferme. La
Compagnie de la Baie d'Hudson limitait ses achats à quelques minots de blé, de chaque
colon, juste assez pour alimenter son moulin à farine destiné à pourvoir de farine ses
forts échelonnés jusqu'à la mer polaire. André Nault assista le fusil à l'épaule au
procès de Guillaume Sayer le 17 mai 1849. On sait que ce fut à cette occasion que les
Métis déclarèrent la traite libre et acquittèrent Sayer accusé d'avoir en sa
possession quelques peaux de fourrure. C'est ainsi que Nault fit son apprentissage de
défenseur des droits et des libertés de la population du pays.
Le 11 janvier 1850, il contractait mariage devant le Révérend P. Aubert O.M.I. avec
Anastasie Landry fille de Joseph Landry et de Geneviève Lalonde. De cette union naquirent
onze (6) enfants.
Il serait oiseux de le suivre dans sa vie ordinaire de paysan. Qu'il suffise d'ajouter
qu'il personnifiait le type de la race française au Nord-Ouest, race qui a conservé
comme un précieux héritage une foi religieuse, fervente et sincère et qui est demeurée
fidèle aux vues de Dieu sur le peuple métis. C'est au sein des joies de la famille qui
grandissait autour de lui que s'écoula son existence sereine jusqu'en 1869. Sans doute il
eut à souffrir comme les autres colons des inondations et des sauterelles qui lui firent
subir de grandes privations. Toutefois il sut bientôt réparer les désastres de ces
fléaux, par son travail ardu. On peu ajouter de plus que si parfois les produits de la
ferme et de l'élevage suffisaient à peine au soutien de sa famille, le chevreuil, le
faisan, la perdrix et le lièvre sur les rives boisées de la rivière Rouge et le poisson
qui abondait dans cette rivière remplaçaient suffisamment ce déficit.
Nous voici arrivés au point culminant de la vie d'André Nault. Il va maintenant
entrer en scène dans cette époque mouvementée qui précéda l'entrée de Nord-Ouest
dans la confédération et souleva toute la population du pays. Évidemment je
n'entreprendrai pas ici de faire l'histoire des troubles de 1869-1870. Le cadre d'une
monographie ne comporte pas de tels développements. Je me contenterai de synthétiser en
quelques mots les causes de cette agitation et la légitimité du gouvernement provisoire.
Nous allons assister en ce moment aux premiers actes d'autorité de Riel et au berceau
du gouvernement provisoire; c'est la première étape d'une agitation constitutionnelle
d'où sortira l'acte de Manitoba. Je me hâte d'ajouter que le gouvernement provisoire
était dans l'occurrence légitime, régulier et investi de tous les droits que possèdent
les institutions de ce genre. La Société d'après le droit naturel possède tous les
pouvoirs nécessaires pour se protéger dans le cas d'interrègne. Or, au mois de novembre
1869 la Compagnie de la Baie d'Hudson qui gouvernait ce pays d'après les dispositions de
sa charte avait rétrocédé à la Couronne britannique tous les droits législatifs
exécutifs et judiciaires dont elle était investie. D'où il suit que les colons de la
Rivière-Rouge se trouvaient réduits à l'état de nature, sans autorité, né chefs pour
maintenir l'ordre et protéger les biens ou la vie des colons. D'après les auteurs
constitutionnels, la société a le droit de former alors un gouvernement de nécessité.
Cette notion élémentaire suffit pour légitimer la prise d'armes des Métis à cette
époque. D'ailleurs il était évident que des nouveaux venus à la Rivière-Rouge avaient
ruiné l'autorité du conseil d'Assiniboia et préparé l'anarchie. On avait jeté le
défi au gouverneur McTavish (7) et à son conseil. Un
groupe de mécréants avaient ouvert avec effraction les portes de la prison d'état, et
libéré les prisonniers après les avoir promenés en triomphe. C'était l'émeute
triomphant, semant la terreur parmi les hommes de bien et qui levait hardiment la tête et
s'imposait par la violence. Un journal qui venait de paraître se faisait l'écho de ces
nouveaux venus et battait en brèche l'autorité du gouvernement et faisait appel aux
mauvaises passions.
Pour soulever davantage la population, le parti des arpenteurs, qui n'avait absolument
aucun droit de faire des arpentages à la Rivière Rouge [sic],
n'eut pas même la décence de donner avis au gouverneur McTavish de ses procédés.
L'arpenteur Snow (8) et ses employés annoncèrent à tout
venant qu'ils allaient s'emparer des terres de colons et refouler ces derniers vers le
nord et qu'on emploierait ceux qui resteraient à transporter le bagage des émigrants
venus d'Ontario.
Bref, on allait se tailler des baronnies, sans se soucier des droits des occupants,
comme en pays conquis, et les premiers occupants ne seraient pas même traités comme des
manants.
On se serait cru vraiment au moyen âge, à l'époque de l'invasion des barbares. Sans
l'ombre même d'aucun droit, Snow avait conclu un traité avec les [indiens]
sauvages de la Grande Pointe de Chêne, pour obtenir la concession d'une vaste Seigneurie.
Quelques semaines après, il était condamné à l'amende pour avoir vendu des boissons
enivrantes aux sauvages [indiens].
Une fois la porte de l'illégalité ouverte, on ne se gêna plus de briser les
clôtures et détruire les bornes des terres des Métis pour préparer la confiscation de
ces terres au profit de nouveaux venus. Le mot d'ordre et le but visé étaient évidents
et pouvaient se résumer en ces quelques mots "Chasser les
Métis et s'emparer de leurs terres." C'était le brigandage à l'ordre du
jour. Les Métis étaient exaspérés comme on le conçoit bien.
Le 11 octobre 1869, les arpenteurs se mirent à arpenter la terre d'André Nault, de
façon à lui enlever une partie notable de son terrain. Nault qui avait eu la concession
de cette terre de la Compagnie de la Baie d'Hudson alla les avertir que ce terrain
lui appartenait et d'avoir à déguerpir sur l'heure. Comme Nault leur adressait la parole
en français, ils lui répondirent qu'ils ne comprenaient pas ce qu'il leur disait. Nault
alors alla trouver son cousin Louis Riel, qui demeurait sur la rive opposée de la
rivière Rouge, presqu'en face de la terre de Nault. Il lui demanda de venir avec lui pour
arrêter ces intrus. Chemin faisant ils amenèrent avec eux Janvier Ritchot (9). Ils se rendirent auprès des arpenteurs qui traçaient de
nouvelles lignes sur la terre de Nault. Riel leur représenta que le propriétaire de ce
terrain M. Nault l'avait acheté de la Compagnie de la Baie d'Hudson et l'occupait
depuis nombre d'années, et les pria sur l'heure de se retirer. Les arpenteurs allèrent
porter plainte au gouverneur McTavish qui invita Riel à venir le voir. Ce brave
gouverneur voulait la paix. Il supplia Riel de ne pas ajouter de nouveaux embarras à sa
position déjà précaire. Mais lui répondit Riel,
«vous êtes le représentant de l'autorité dans la colonie.
Est-ce vous qui permettez à ces étrangers de s'emparer de nos terres?»
McTavish répondit que non seulement il n'avait rien eu à faire avec ces prétendus
arpentages, mais que le gouvernement fédéral n'avait pas même eu la bienséance de lui
demander la permission de procéder à de nouveaux arpentages dans une colonie qui ne
dépendait que de sa juridiction. Riel reprit;
«alors je vous demande comme notre gouverneur de nous protéger
contre de telles violations de nos droits de propriétaires d'autant plus que nous avons
reçu les titres de ces terrains de votre Compagnie» . McTavish garda le silence
un moment, en proie à une vive anxiété. «Mr Riel» ajoute-t-il
«suis-je encore gouverneur? La Compagnie s'est engagé par écrit
à rétrocéder tous ses droits à la Couronne et il est possible que l'acte de
rétrocession soit déjà signé. Que voulez-vous que je fasse en pareille occurrence»?
Cet aveu fut comme un rayon de lumière pour Riel, et dès ce jour il allait trouver sa
voie.
La population du pays livrée sans défense à d'injustes spoliateurs, privée de toute
protection de la part de l'autorité qui se déclarait déchue, allait prendre sa cause en
mains. De ce moment Riel décida de former sur les ruines du Conseil d'Assiniboia,
un gouvernement provisoire. Cette idée il la poursuivit avec constance, énergie et
courage au milieu de graves difficultés qui à un moment donné, faillirent couvrir la
colonie de sang et de désastres. On se demande parfois avec étonnement comment ce jeune
homme de 27 ans put conduire à bonne fin une entreprise aussi périlleuse. Sans doute il
sut s'entourer des sages conseils de [l'abbé] Ritchot, qui
devient son mentor, ainsi que l'appui de l'abbé G. Dugas, mais je crois qu'il faut porter
plus haut nos regards pour trouver la réponse à un geste si grave qui devait aboutir à
l'acte constitutionnel de notre province. C'est que Dieu voulait sauver l'élément
Catholique et français du Nord-Ouest pour récompenser le dévouement héroïque de nos
missionnaires et la fidélité admirable des anciens du pays à l'église Catholique. Riel
fut l'instrument dont il se servit pour accomplir ses fins. C'est déjà un grand honneur
que d'être appelé à collaborer aux desseins misericordieux de la Divine Providence qui
veille sur l'existence et la suivie des peuples comme des individus. Riel se mit aussitôt
à l'oeuvre. Il convoqua quelques assemblées à Saint-Vital où il soumit son projet
d'organisation d'un gouvernement provisoire. André Nault assistait à ces réunions et
dès les débuts se montra son fidèle partisan. Le 16 octobre John Bruce (10) fut élu président et Louis Riel secrétaire. Ce dernier de
fait fut toujours le chef virtuel et l'âme de ce mouvement. Le 17 octobre 1869 Riel
ordonna d'intercepter l'entrée du pseudo-gouverneur McDougall en route pour la colonie et
de fermer le chemin Pembina qui conduisait au fort Garry. André Nault fut chargé de
construire une barrière à Saint-Norbert à quelques arpents au sud de la rivière La
Salle. Il présida à ces travaux et plaça des hommes armés pour arrêter toute personne
suspecte qui voudrait pénétrer dans la colonie. Il fut le premier à y monter la garde.
C'était par la même déclarer le pays en état de siège. Le 28 octobre [l'abbé] Ritchot fut délégué par le Comité national des
Métis français auprès du gouverneur McTavish pour lui demander si le Gouvernement
d'Assiniboia dont il était encore le chef existait encore [en loi].
McTavish se contenta de dire qu'il aimait mieux ne pas répondre, Nault resta à son poste
à la Barrière jusqu'à la prise du fort Garry. La proclamation de McDougall (11) comme gouverneur de la colonie alors que cette dernière ne
faisait pas encore partie de la Confédération, acheva de ruiner l'ombre d'autorité du Conseil
d'Assiniboia. Le parti Canadien, après avoir détruit le Conseil d'Assiniboia,
se préparait à s'emparer du fort Garry, le siège du gouvernement et à renverser le
gouvernement provisoire. Riel vit le danger qui menaçait la colonie et se hâta de le
dévancer. Le 1er novembre il arrêtait Cameron (12)
et Provencher (13) à la Barrière et les forçait
à repasser la frontière. Riel ordonna à sa troupe de s'emparer du fort Garry. Nault
commandait les Métis qui prirent possession du fort Garry et fut un des premiers à
pénétrer dans le fort. Le soir même Riel et les siens étaient maîtres de la colonie.
C'est ainsi que par un coup d'état un gouvernement de nécessité succédait à un
gouvernement déchu. De ce jour jusqu'à l'arrivée de Wolseley (14),
Riel et son gouvernement se maintinrent au pouvoir. Des élections eurent lieu et les
députés anglais comme français se rallièrent à ce gouvernement qui mettait fin à
l'interrègne.
Entre temps Nault fut envoyé par Riel pour occuper de nouveau le fort Pembina, afin de
surveiller les allées et venues de McDougall. C'est à ce fameux fort que McDougall avait
franchi la frontière pour afficher sa proclamation.
Nault se rendit donc au fort Pembina. Le facteur lui refusa de lui rendre ce poste.
Nault s'empara des clefs et avertit le chef qu'il allait l'occuper mais qu'il pouvait
continuer les opérations de son commerce comme ci-devant.
Ceci se passait le 4 décembre 1869. Nault resta à ce poste jusqu'au 23 décembre. Le
18 décembre (un dimanche) les éclaireurs l'avertirent que McDougall avait pris ce
jour la même le chemin de St. Paul pour retourner en Canada. Craignant que ce fut une
feinte, Nault dépêcha quatre hommes à cheval pour s'assurer que McDougall était parti
pour de bon.
Les éclaireurs de retour rapportèrent à Nault que McDougall était parti avec
l'intention de retourner à Ottawa. C'est pourquoi le 23 décembre, Nault ayant accompli
sa mission retourna au fort Garry où il arriva la veille de Noël.
Les ennemis de Riel se dirigèrent un jour vers le Portage la Prairie afin de
s'organiser en un corps armé pour attaquer le fort Garry. Une cinquantaine de cavaliers
s'élancèrent à leur poursuite. Nault faisait partie de cette escouade. Ils firent 48
prisonniers qu'ils amenèrent au fort.
J'ai déjà eu occasion de le mentionner, André Nault fut chargé de présider à
l'exécution de Scott, le 4 mars 1870. Sans doute, toute perte de vie est regrettable et
je ne désire pas provoquer ici un débat intempestif. Il convient toutefois de mentionner
que les raisons données par le gouvernement provisoire pour justifier cet acte
d'autorité, fut le refus obstiné de Scott de promettre de respecter le gouvernement
établi. Il était déterminé à conspirer de nouveau et essaya d'attaquer Riel et de le
terrasser pendant que son procès s'instruisait. La cour martiale crut que pour rétablir
la paix dans la colonie, il fallait donner un exemple et épargner ainsi au pays de plus
grands malheurs. Quoiqu'il en soit, Nault avait juré fidélité à ses chefs. Il aurait
cru commettre un acte de lâcheté que de trahir son devoir. Refoulant au fond de sa
conscience tout sentiment de pitié et de clémence pour ce malheureux, il s'acquitta de
sa tâche quelque pénible qu'elle fut, sans défaillance. Après cet événement la paix
régna dans la colonie. Le Gouvernement Provisoire fut accepté par toute la
population jusqu'à l'arrivée de Wolseley.
André Nault, dont les jours étaient menacés depuis l'arrivée des troupes comme ceux
de Riel et Lépine, dut prendre le chemin de l'exil. Il alla s'établir au Dakota en
attendant l'animiste depuis si longtemps promise. Le pain de l'exil est amer et, sur la
terre étrangère Nault sentait son coeur se soulever avec une empoignante tristesse à la
pensée de sa famille, de ses amis, et de ce coin de terre où Dieu avait placé son
berceau. Il ne pouvait se consoler de traîner son existence loin de sa patrie vers
laquelle l'attiraient toutes les respirations de son âme. En février 1871 on le trouve
près du Fort Pembina à la porte de la terre natale, afin de pouvoir encore respirer la
brise rafraîchissante de son pays. Des soldats de la garnison le reconnurent et se
jetèrent sur lui. Ils lui assénèrent un coup sur la tête et l'étendirent sur le sol,
gisant dans son sang. Il devait porter une cicatrice infligée par cet acte brutal
jusqu'à son décès.
Le P. Morice (15) dans son dictionnaire «Historique des familles Métisses Françaises, p. 205» , raconte
ainsi cet incident. Ayant été vers le 15 février 1871 accompagner Mme Riel qui voulait
soigner son fils Louis malade à Saint Joseph [sic],
États-Unis, non loin de la frontière internationale, André Nault s'arrêta en revenant
de chez l'exilé à une pension tout près de cette frontière mais du coté anglais. Là,
il trouva un soldat qui ayant entendu un Métis l'appeler "Mon
capitaine" s'informa de son nom et courut avertir d'autres troupiers qui
rôdaient dans les environs. L'hôtelier le pressa alors de regagner au plutôt le
territoire américain ce que Nault fit, mais non sans avoir eu à repousser par des
menaces ou par la force plusieurs soldats qui voulaient l'arrêter. Arrivé tout
essoufflé au poteau déliminateur, il s'y reposa en s'y appuyant du côté américain,
où il se croyait désormais à l'abri de toute attaque de la part des représentants de
l'autorité canadienne. Mais une quinzaine de volontaires l'y assaillirent à la fois et
l'un d'eux lui donna un coup de bayonnette sur la tête qui le fit affaisser. Laissé pour
mort par les Ontariens, il parvint quelque temps après à se traîner chez un Métis qui
en prit soin pendant une semaine.
L'été suivant Nault n'hésita pas à s'enrôler dans le corps d'armée mobilisé,
contre l'invasion des Feniens, par Riel et (Ambroise-Dydime) Lépine. Il y reprit
son grade de capitaine et se porta à la frontière pour la défense du drapeau
Britannique. Malgré cette nouvelle preuve de sa loyauté à la couronne, ses ennemis ne
désarmèrent pas et pour échapper à leur poursuite il dut retourner de nouveau au
Dakota.
Enfin après deux ans d'exil, il rentra à son foyer. Au mois de février 1874 il fut
arrêté et demeura un an en prison avec (Ambroise-Dydime) Lépine. Son procès
pour le meurtre de Scott s'instruisit aux assises d'automne de 1874. Le procès de Nault
ne fut que la réplique de celui de Lépine.
Les assises criminelles s'ouvrirent le 10 octobre 1874 sous la présidence du juge en
chef Wood. Le 13 octobre Lépine était cité devant le tribunal. M. Cornish représentait
la Couronne et les Honorables Chapleau et Royal étaient chargés de la défense. Le
procès dura 15 jours. Le 26 octobre il était condamné à être pendu le 29 janvier
1875. Dans ce procès, d'après les témoignages, le conseil de guerre qui avait jugé
Thomas Scott se composait d'Ambroise D. Lépine, Président de la Cour, Janvier Ritchot,
André Nault, Elzéar Goulet, Elzéar Lagimodière (16),
Jean-Baptiste Lépine (17) et Joseph Delorme (18).
[...]
Scott était accusé d'avoir pris les armes contre le gouvernement provisoire. Elzéar
Lagimodière s'opposa à la sentence de mort et proposa qu'il fut exilé, Jean-Baptiste
Lépine s'opposa également à la mort de Scott. Ambroise D. Lépine d'après le
témoignage de Joseph Nolin, partageait l'opinion de son frère Jean-Baptiste. Les autres
membres de la cour votèrent pour l'exécution de Scott. Lépine qui prononça la sentence
comme Président de la Cour se contenta de dire: "Puisque la majorité est en faveur
de la motion, Scott sera exécuté." Cette sentence fut rendue le 3 mars et le
lendemain vers midi Scott était fusillé à quelques pas du fort par un peloton de
soldats composé de Augustin Parisien, Marcel Comtois, Pierre Champagne, Guillemette et un
autre. Ce peloton était sous les ordres d'André Nault qui donna le signal de tirer en
laissant tomber son mouchoir d'une main dans l'autre. C'était le signal convenu. Joseph
Nolin déclara au procès que Scott avait prêté serment de ne pas porter les armes
contre le gouvernement provisoire et fut arrêté plus tard les armes à la main.
La défense établit que le 19 novembre 1869 la Compagnie de la Baie d'Hudson
rétrocéda tous ses droits à la Couronne. Or, le gouverneur et le Conseil
d'Assiniboia n'avaient été nommés qu'en vertu des dispositions de cette charte, qui
était la source de leur autorité. Comme conséquence cette rétrocession constituait une
sentence de mort civile pour le gouverneur et ses conseillers et le Conseil cessait
d'exister. Or, en telle occurrence, d'après le droit naturel, toute société pour
protéger la vie et les biens des citoyens a le droit de former un gouvernement de
nécessité qui devient un corps législatif, exécutif et judiciaire avec droit de vie et
de mort pour faire respecter son existence. De plus le gouvernement provisoire fut reconnu
par toute la population du pays. A. G. B. Bannatyne, beau frère du gouverneur McTavish et
qui fut élu plus tard député pour Provencher aux communes du Canada n'hésite pas à
dire dans son témoignage
"Le peuple tout entier a concouru à l'organisation du
gouvernement provisoire et le juge Black prit part aux délibérations de la convention du
25 janvier, 1870. L'autorité que possédait McTavish avait été paralysée par la
proclamation de McDougall. Nous étions restés sans aucune loi et nous avions cru
constituer un gouvernement qui remplit pro tempore cette lacune créée par la
proclamation de McDougall."
De plus, parmi les membres du gouvernement provisoire se trouvaient le Juge Black, Dr.
Bird, J. Sutherland et Thos. Bunn, qui avaient été également membres du Conseil
d'Assiniboia.
On pourrait ajouter que Schultz et ses partisans avaient avant ces eacute;vénements
virtuellement détruit l'autorité du gouverneur McTavish. Ils avaient jeté le défi au
gouvernement d'Assiniboia en brisant les portes de la prison libérant les prisonniers et
le gouvernement n'avait pas osé réprimer cette révolte à main armée, accusant par lae
même son impuissance à faire respecter son autorité.
Mais ce qui acheva de ruiner le Conseil d'Assiniboia dans l'opinion publique et
à apposer les scellés sur son tombeau fut la proclamation de McDougall le 1er décembre
1869 dans laquelle il annonçait sa nomination comme gouverneur de la colonie et invitait
tous les féaux sujets de sa Majesté à lui obéir.
Cette proclamation fut suivie le 7 décembre de celle de Dennis faisant appel aux
colons de prendre les armes contre le gouvernement provisoire. Le Conseil d'Assiniboia
trompé par la proclamation de ce pseudo gouverneur, passa des résolutions de soumission
à McDougall et adopta une adresse de bienvenue au nouveau chef.
Lorsque le Conseil d'Assiniboia reconnut qu'il avait été dupé, il était trop
tard. Le pays jeté dans le désarroi, et agité en tous sens, se rallia au gouvernement
provisoire comme le seul moyen d'éviter le chaos et la guerre civile.
D'ailleurs le gouverneur McTavish au mois de janvier 1870 n'hésita à déclarer aux
quatre délégués de l'Assemblée Législative "John
Sutherland, A. D. Lépine, John Fraser et Xavier Pagé" que le Conseil
d'Assiniboia avait cessé d'exister, qu'il n'était plus gouverneur et les supplia de
former un gouvernement pour établir la paix dans le pays.
Ce n'est pas tout: le gouvernement provisoire qui s'élevait sur les ruines du Conseil
d'Assiniboia, avait reçu l'approbation de la population française et anglaise et se mit
à l'oeuvre. Il nomma un juge en chef, des ministres pour exécuter ses ordonnances,
adopta une loi concernant l'administration de la justice, une autre au sujet des droits de
foin, fit exécuter des travaux publics et nomma trois délégués chargés d'aller en son
nom traiter avec le gouvernement fédéral des conditions d'entrée dans la
Confédération. Ces délégués furent reçus officiellement comme tels par les ministres
Fédéraux, et ensemble ils rédigèrent l'Acte de Manitoba. Bien plus, le
gouvernement Impérial délégua Sir Clinton Murdock pour le représenter avec instruction
de prendre sous sa protection les délégués du gouvernement provisoire et de ne
consentir à l'entrée de ce petit peuple dans la Confédération qu'avec l'assentiment de
ses délégués. Je me demande si en présence de tous ces faits, on peut sérieusement
discuter la légitimité d'un tel gouvernement. Et puis une fois ce point établi on ne
peut échapper aux conclusions qui s'imposent. Comme pour tout gouvernement légitime, on
peut discuter ses actes, les louer ou les blâmer, comme c'est le fait de tout
gouvernement régulièrement établi, mais on ne saurait traiter de rebelles les membres
de ce gouvernement.
[...]
Voilà en quelques notes les réflexions qui se dégagent de la preuve et des arguments
de ce fameux procès Lépine. Le 7 novembre Nault qui avait été arrêté en février
1874 entrait en scène et subissait son procès sous le même chef d'accusation que celui
de Lépine. Il ne dura que quatre jours. Ce fut une répétition du procès Lépine, mais
cette fois les jurés refusèrent de s'entendre. Les 6 jurés français se prononcèrent
pour l'acquittement et les jurés anglais pour la condamnation.
Le juge en chef renvoya le procès au terme suivant (février 1875) L'Honorable
Mr. [sic] Royal présenta une requête devant le juge Wood
demandant que Nault fut admis à caution. Cette demande était appuyée des certificats de
cinq médecins qui déclaraient que l'état de sa santé était inquiétant. De fait le
coeur et les poumons d'André Nault étaient sérieusement atteints par suite de cette
longue captivité.
[...]
Cette demande fut refusée; le juge se contenta de donner des ordres qu'il fut traité
avec tous les soins qu'exigeait l'état de sa santé. Au mois de février 1875 la cause
d'André Nault était de nouveau sur la liste. À cette date, la nouvelle de la
proclamation d'une amnistie était annoncée. En attendant la confirmation officielle de
cet événement, André Nault fut cette fois admis sous caution et ce fut la fin de son
procès. De ce jour André Nault disparaît de la vie publique. Il se livra aux joies
paisibles qu'il trouvait au sein de sa famille et aux travaux des champs. Lorsque le
gouvernement construisit le collège d'agriculture il vendit la partie de son terrain à
l'est du chemin de Pembina. Le produit de cette vente lui permit de se construire une
maison moderne, vaste et somptueuse. Citoyen intègre, il demeura toujours un chrétien
modèle.
[...]
Cet intrépide chrétien mourut le 17 décembre 1924 à l'âge de 94 ans, laissant à
sa famille une honnête aisance et ce qui est encore plus précieux, l'exemple d'une vie
irréprochable au service de Dieu et de sa patrie.
[...]
Trois de ses fils furent mêlés aux événements de 1885.
- André Nault fils, se trouvait au lac la Grenouille quand les P.P. Fafard et Marchand y
furent massacrés par les sauvages [indiens]. Il fut
arrêté lui-même et ne put échapper à leurs coups que grâce à l'intervention d'un
Métis nommé Blondin.
- Elie Nault prit part à toute la campagne de 1885.
- Napoléon Nault fils aîné du capitaine Nault s'établir sur les bords de la
Saskatchewan, où il se livra au commerce. Comme il était l'un des citoyens les plus en
vue, il fut choisi en 1885 comme délégué pour aller trouver Riel, sur la rivière au
Lait et lui demander de se mettre à la tête du mouvement pour obtenir du gouvernement
fédéral la reconnaissance de leurs droits comme premiers occupants. Il prit part à la
bataille de Batoche après laquelle il se réfugia aux États-Unis. Napoléon Nault était
un des principaux chefs de Riel.
Le capitaine André Nault a donné l'exemple admirable de la beauté d'une vie humble
et sacrifiée parce qu'une noble pensée et un grand amour l'animèrent et qu'il s'est
donné tout entier à la cause de la justice. C'est pourquoi cette vie se révèle
féconde en rayonnement et se prolonge dans la génération nouvelle comme un appel au
devoir.
Enfants d'André Nault et d'Anastasie Landry
1. Marie-Élise . Née le 7 mars 1851 à Saint-Vital (Manitoba).
Elle épouse Edouard Perreault dit Morin le 14 juillet 1890 à Saint-Boniface (Manitoba).
2. Joseph. Né en 1854; décédé le 23 octobre et
inhumé le 25 octobre 1874 à Saint-Boniface. Il épouse Rosalie Rocheleau le 16 février
1874 à Saint-Norbert (Manitoba).
3. Elmire. Née le 17 mai 1856 à Saint-Vital (Manitoba);
décédée le 8 mai et inhumée le 10 mai 1899. Elle épouse Michel Pontbriand dit
Sansregret le 18 février 1879 à Saint-Boniface (Manitoba).
4. Napoléon. Né le 17 septembre 1858 à
Saint-Boniface (Manitoba); décédé le 12 avril 1931à Havre (Montana). Il
épouse Mélanie Vandal le 12 février 1877 à Saint-Norbert (Manitoba). Il alla
s'établir à Saint-Laurent de Grandin, Territoires du N.-O. en 1882. Il appuya Riel en
1885 et s'enfuya au Montana suite à ces événements.
5. André. Né le 12 mars 1860 à Saint-Boniface (Manitoba);
décédé en 1942.
6. Élie. Né le 28 décembre 1861 et baptisé la
même journée à Saint-Boniface (Manitoba); décédé le 9 mars 1940. Il épouse
Marie-Anne Charette le 28 février 1881 à Saint-Jean-Baptiste (Manitoba).
7. Marie-Jeanne. Née le premier août et baptisée
le 2 août 1863 à Saint-Boniface (Manitoba); décédée le 29 septembre et
inhumée le premier octobre 1865 à Saint-Boniface (Manitoba).
8. Martin. Né le 6 mai et baptisé le 7 mai 1865
à Saint-Boniface (Manitoba); décédé en décembre 1944. Il épouse en premieres
noces Elisa Vandal le 29 juin 1891 à Saint-Jean-Baptiste (Manitoba) et en
deuxièmes noces Sara Gariépy.
9. Marie. Née le 9 février 1867 et baptisée la
même journée à Saint-Boniface (Manitoba); décédée le 2 juin et inhumée le 4
juin 1903 à Saint-Norbert (Manitoba). Elle épouse Joseph Gosselin le 24 novembre
1885 à Saint-Norbert.
10. Philomène. Née le 14 septembre et baptisée
le 15 septembre 1868 à Saint-Boniface (Manitoba); inhumée le 21 juin 1869 à
Saint-Boniface (Manitoba).
11. Aimé. Né le 8 mai et baptisé le 9 mai 1870
à Saint-Boniface (Manitoba); décédé en septembre 1946. Il épouse Joséphine
Martel le 22 novembre 1892 à Saint-Boniface (Manitoba).
12. Angélique . Née le 17 novembre et baptisée
le 19 novembre 1871 à Saint-Boniface (Manitoba). Elle épouse, en premières
noces, Alfred Carrière le 4 juin 1889 Saint-Norbert (Manitoba) et, en deuxièmes
noces, François Morand le 27 juillet 1905 à Saint-Norbert (Manitoba) et, en
troisièmes noces, Joseph Ritchot.
13. Alexandre. Né le premier mars et baptisé le 2
mars 1874 à Saint-Boniface (Manitoba). Il épouse, en premières noces, Mathilde
Carrière le 28 novembre 1893 à Saint-Pierre-Jolys (Manitoba) et, en deuxièmes
noces, Marie-Emma Villebrun le 12 novembre 1954 à Saint-Boniface (Manitoba).
14. Philomène. Née et baptisée le 12 juillet
1876 à Saint-Boniface (Manitoba); décédée le premier et inhumée le 2 août
1876 à Saint-Boniface (Manitoba).
1. Charles
Arkall Boulton. Né le 17 septembre 1841 à Cobourg (Haut-Canada); décédé le 18 mai
1899 à Shellmouth (Manitoba). Venu au Nord-Ouest avec William McDougall, il tenta de
déposer Riel en 1870. Condamné à mort, il fut gracié. Commandant des Boulton Scouts en
1885.
2. William Bernard O'Donoghue.
Né en 1843 en Irlande; décédé le 16 mars 1878 à St. Paul (Minnesota). Il vint
à la Rivière-Rouge en 1868 pour enseigner les mathématiques au Collège de
Saint-Boniface et étudier pour la prêtrise. Durant les événements de 1870, il fut
secrétaire de Louis Riel.
3. Ambroise Dydime Lépine. Né le 18
mars 1840; décédé le 8 juin 1923 à Saint-Boniface (Manitoba). Fils de
Jean-Baptiste Lépine et de Julie Henry (et Honoré), il épousa Cécile Marion,
fille de Narcisse Marion et d'Angélique Moreau.
4. Né le 18 novembre 1836; décédé
le 13 septembre 1870 à Winnipeg. Fils d'Alexis Goulet et de Josèphte Severight, il
épouse Hélène Jérôme le 8 mars 1859 à Pembina (Dakota).
5. Sic. Il partit de la Rivière-Rouge
le 17 octobre 1815 pour arriver à Montréal en mars 1816.
6. Sic. Le couple eut 14 enfants. Voir
les noms à la fin de ce texte.
7. MacTavish, William. Né le 29 mars
1815 à Édimbourg (Écosse); décédé le 23 juillet 1870 à Liverpool (Angleterre).
Il fut gouverneur d'Assiniboia de 1858 et de Rupert's Land de 1864 jusqu'aux événements
de 1870.
8. Snow, John Allan. Né le 31 mars
1824 à Hull Township (Bas-Canada); décédé le 13 avril 1888 à Ottawa (Ontario).
Il fut embauché, en 1868, par William McDougall, le ministre des travaux publics à
Ottawa, pour gérer la construction du chemin Dawson entre le lac des Bois et le fort
Garry d'en haut.
9. Ritchot, Jean-Baptiste, surnommé
Janvier. Voir la note biographique à son sujet dans le Bulletin de la SHSB,
numéro 1, automne 1994, page 9.
10. Bruce, Jean. Né en janvier 1831
et baptisé le 7 août 1836 à Saint-François-Xavier (Manitoba). Fils de Pierre
Bruce et de Marguerite Desrochers, il épousa Angélique Gaudry (et Vaudry).
11. McDougall, William. Né le 25
janvier 1822 près de York (Haut-Canada); décédé le 29 mai 1905 à Ottawa (Ontario).
Politicien, membre du parti conservateur, il fut ministre des Travaux Publics à Ottawa (1867-1869)
avant d'être nommé lieutenant-gouverneur des Terres de Rupert et des Territoires du
Nord-Ouest.
12. Cameron, Donald Roderick. Gendre
de Charles Tupper, il fut nommé membre du conseil de William McDougall en 1869,
responsable de l'organisation militaire et policière.
13. Provencher, Joseph Albert Norbert.
Né le 6 janvier 1843 à Nicolet (Bas-Canada); décédé le 28 octobre 1887 à
Montréal (Québec). Il était le neveu de Mgr Joseph-Norbert Provencher. Nommé
secrétaire de William McDougall, il accompagna ce dernier à Pembina en 1869 mais il fut
empêché de prendre son poste. En 1871, il fut nommé surintendent des Affaires Indiennes
et, en 1876, membre du conseil des Territoires du Nord-Ouest. Il retourna à Montréal en
1881 pour faire carrière de journaliste.
14. Woseley, Garnet Joseph. Né le 4
juin 1833 en Irlande; décédé le 25 mars 1913 en France. Officier dans l'armée
anglaise, il arrive au Canada en 1861. Il était en charge des forces expéditionnaires
envoyées à la Rivière-Rouge en 1870. Il retourna en Angleterre en 1871.
15. Morice, Adrien Joseph.
Dictionnaire historique des Canadiens et des Métis français de l'Ouest. Québec, J.
Garneau, 1912, XL, 355 pp.
16. Lagimodière, Elzéar. Né le 3
mars 1838 à la Rivière-Rouge; décédé le 11 mars 1916 à Lorette (Manitoba).
Fils de Jean-Baptiste Lagimodière et de Marie Harrison; il épousa Sara Goulet en 1858.
Premier préfet de la municipalité de Taché de 1880 à 1884.
17. Lépine, Jean-Baptiste. Né le 19
janvier 1824 à la Rivière-Rouge; décédé le 27 septembre 1879 à Saint-Norbert (Manitoba).
Fils de Jean-Baptiste Lépine et de Julie Henry (et Honoré), il épousa Isabelle
Parenteau.
18. Delorme, Joseph. Né le 1er
février 1849 à Saint-François-Xavier (Manitoba). Fils d'Urbain Delorme et de
Madeleine Vivier, il épousa Louise McLeod le 9 février 1875 à Saint-François-Xavier.
Il va s'établir dans les Territoires du Nord-Ouest en 1882 et prend part à la bataille
du lac Canard le 26 mars 1885. Il subit son procès à Régina. Trouvé coupable il est
cependant relâché.
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