Chronologie
de la vie
de Jean-Baptiste Lagimodière
et de Marie-Anne Gaboury
Jean-Baptiste Lagimodière et son épouse Marie-Anne
Gaboury sont sans aucun doute deux des personnages les plus marquants
de l'histoire de l'Ouest canadien. Le premier couple blanc à s'établir
en permanence dans l'Ouest, ils furent témoins des événements
qui marquèrent la fin de l'époque de la traite des fourrures
et les débuts de la colonisation européenne dans la région
de la Rivière-Rouge. Aïeuls, par leur fille Julie, du fondateur
du Manitoba, Louis Riel, Jean-Baptiste et Marie-Anne ont laissé
une nombreuse descendance qui se compte aujourd'hui dans les milliers,
répandue à travers le continent nord-américain et
même en Europe.
Au cours des prochaines pages, nous retraçons chronologiquement
des événements dans la vie de Jean-Baptiste Lagimodière
et de Marie-Anne Gaboury.
1778-12-25
Naissance de Jean-Baptiste Lagimonière à Saint-Ours (Québec).
1780-08-15
Naissance de Marie-Anne Gaboury à Maskinongé (Québec).
1800
«Avant son voyage à Maskinongé [automne\hiver
1805], M. Lagimonière avait déjà demeuré quatre
ans à cet endroit [Pembina]; il y avait même laissé
une indienne qu'il avait gardée pendant son séjour dans
ce poste.» (1)
1801-01
Naissance, dans la région de Saint-François-Xavier (Manitoba),
d'Antoinette Lagimonière, fille de Jean-Baptiste Lagimonière et de Josette
Amérindienne. (2)
1804-1805
Jean-Baptiste Lagimonière hiverne au fort des Prairies.
(3)
1805 (automne)
Jean-Baptiste Lagimonière retourne au Bas-Canada et il passe l'hiver à
Maskinongé.
1806-04-16
Jean-Baptiste Lajimonière, Joseph Paquin, Michel Genthon dit Dauphinais
et Charles Bellegarde signent un "Accord et Convention" devant
le notaire F.-X. Dézéry à Berthier :
"Pardevant Les notaires publics De la province Du Bas Canada Résidants
a Berthier Comté de Warwick soussignés Furent présents
jean Bte. Lagimonière De la paroisse De st. joseph de maskinonge
joseph Pakin De la paroisse de ste. Geneviève De Berthier, Michel
jenton dit Dauphiné de la paroisse st. joseph de lanoraie et
charles Bellegarde de la paroisse st. Antoine de la riviere du loup
Les (quels) ont volontairement Reconnus et Confessé Avoir fait
Entre Eux conjointement Les conventions qui Ensuivent savoir que Le
cinq de mai prochain il se tiendront chacun près a partir De
Berthier pour Monter et faire Le voyage Aux pays D'Enhauts Au lieu appellé
la Rivière Rouge sans pouvoir Aucun se laisser ni S'engager a
Aucun Bourgeois voyageur et se rendre Au lieu D'hyvernement Aux quels
lieu chacun pourra s'il Le veut prendre son parti ou Demeurer Ensemble
pour faire la chasse et commencer a leur profit. Sera tenu chacun tenu
de payer sa côte part de L'achat d'un (canot) de cinq Brasses
appellé canots du nort Ainsi que pour ces agrès tel que
voile prelat chaudière Ligne Eponges a L'Exception que Ledit
charles Bellegarde payera trois quart sur L'achat du canot sans compter
sa part des agrès - ledit j. Bte Lagimaunière mettra pour
sa part cinq pièces sans comter
Ledit jh Pakin sept pièces, michel jenton dit Dauphiné
trois pièces et ledit charles Bellegarde trois pièces
sans comter Leurs vivres que chacun sera tenus D'Emporter pour le voyage
D'ici Au Sault st marie savoir chacun cinquante Livres de lard, quatre
vingt Livres de Biscuit, un Demi minot de pois, a Eux quatre quarantes
Livres de sucre du pays et Rendu Au sault chacun d'Eux fournira Aussi
sa cotte part pour Les vivres qui leur sera nécessaire pour ce
rendre Audit Lieu de L'hyvernement. Bien entendu que dit ci la chacun
sera obligé De faire tout Les partage qui sont a faire tant que
du canot que les pièces et vires qu'ils Auront.
a été Convenus Entre Les dites parties que ledit jean
Bte. Lagimaudiere pourra Emmener sa femme et que sa place sera prise
sur le canot. comme Aussi Aucun des dites parties ne pourra abandonner
ni laisser sa place pour s'engager ailleur D'ici Audit poste fixé
a moins De payer Aux Autres La somme de deux milles livres de vingt
coppres et de laisser les pieces et vivres qui seront à lui dans
le canot et En tout lieu ou justice sera etabli Les Autres conjointement
pourront Le poursuivre En lois pour le payement de ladite somme Car
Ainsi & sont convenu Les dites parties sans Lesquelles Les présentes
n'eussent été Consentie ni Accordés et pour L'Exécution
des presentes Lesdites parties ont Elus leur domicile En leur demeure
susdites Aux quels lieux & ------------ promett & obligeant
&. Renancant &. fait et passé Audit Berthier maison et
demeure de francois piet L'an mil huit cent six le seize avril apres
midi et ont Les dites parties declarés ne savoir signer de ce
Enquis ont faits Leur marques ordinaires Lecture faite.
sa
jean Bte Lagimaudière
marque
sa
joseph Pakin
marque
sa
Michel Jenton dt. Dauphiné
marque
sa
charles Bellegarde
marque
F.X. Dézéry
n.p(4)
Visionner le contrat : p.1 ; p.2 ; p.3 ; p.4
1806-04-21
Mariage de Jean-Baptiste Lagimonière et de Marie-Anne Gaboury à Maskinongé.
1806-05-05
Jean-Baptiste Lagimonière et son épouse Marie-Anne Gaboury,
Joseph Paquin, Michel Genthon dit Dauphinais et Charles Bellegarde quittent
Berthier à destination de la Rivière-Rouge.
1806 (août)
«"L'entrée du lac Winnipeg était
pour la Compagnie du N[ord]-O[uest] une espèce d'entrepôt
où les voyageurs des postes de l'ouest et du haut de la rivière
Rouge se rendaient chaque printemps pour attendre l'arrivée des
canots. [.....] M. et Mme Lagimonière s'embarquèrent sur
les canots qui allaient à Pembina, car c'était dans ce poste
qu'ils avaient l'intention de passer l'hiver. Les canots, en remontant
la rivière, s'arrêtèrent au fort Gibraltar, qui était
bâti à l'embouchure de l'Assiniboine, afin d'y déposer
des marchandises. Ce comptoir avec celui de la baie d'Hudson bâti
un mille plus bas, étaient les seuls établissements le long
de la Rivière Rouge, depuis le lac Winnipeg jusqu'à Pembina."»
(5)
1806 (août)
«M. Lajimonière planta sa tente dans le voisinage du fort [Pembina]
pour attendre la saison de la chasse d'automne » (6)
1806 (automne)
Jean-Baptiste Lagimonière, pour éviter la vengeance de sa première femme
contre Marie-Anne, lève sa tente et part pour aller passer l'hiver dans
le haut de la rivière Pembina.
«À l'automne presque tous les chasseurs se rendaient
à cet endroit, qui était le plus favorable pour la chasse au buffle. Cette
place portait le nom de Grand-Camp.» (7)
1807 (début janvier)
Jean-Baptiste et Marie-Anne reviennent au poste de Pembina.
1807-01-06
Naissance de la première-née de Jean-Baptiste et de Marie-Anne Lagimonière
dans une maison au fort Pembina. Elle reçoit le prénom de Reine par le
fait qu'elle naît le jour de la fête des Rois.
1807 (mai)
Départ des Lagimonière pour aller dans la région de la rivière Saskatchewan
du Nord. Ils sont accompagnés de Michel Chalifoux, de Louis Paquin et
de Charles Bellegarde.
«Tous les trois étaient mariés avec des Indiennes
de la tribu des Cris.»(8)
1807 (été)
Un voyageur du nom de Bouvier se joint au groupe. Un soir, lorsqu'ils
sont campés sur la grève d'une rivière, près d'un feu, un ours attaque
Bouvier. Jean-Baptiste réussit à tuer l'ours mais Bouvier était couvert
de blessures. On le conduisit au fort des Prairies où il guérit mais il
perdit la vue.
1807 (fin août)
Les Lagimonière arrivent au fort des Prairies (dans la région
d'Edmonton).
«Il [Jean-Baptiste] connaissait le bourgeois du Fort, M. Bird, et il obtint
pour lui-même et sa femme une place dans le fort pour l'automne
et l'hiver. [....] Mme Lajimonière hiverna pendant quatre années
consécutives au fort des Prairies. Arrivée à ce poste
dans l'automne de 1808 (sic), elle ne retourna à la rivière
Rouge qu'au printemps de 1811. Pendant l'hiver, son mari était
absent la plus grande partie du temps, pour visiter ses pièges
et se procurer des fourrures. Il n'était pas engagé au service
des compagnies, il chassait pour son propre compte, et vendait ses pelleteries
au fort comme les Indiens. Le printemps, quand le temps des belles fourrures
était passé, M. Lajimonière laissait le fort pour
aller à la prairie chasser le buffle; sa femme l'accompagnait.
Elle montait à cheval, et chevauchait des journées entières
à travers les prairies et les bois. Quand son mari trouvait un
endroit favorable pour la chasse, il y plantait sa tente et y séjournait
quelque temps.» (9)
1808-08-15
Les Lagimonière sont dans les environs de la rivière Bataille. Ils se
trouvent tout-à-coup au milieu d'un troupeau de bisons. Le cheval de Marie-Anne
se lance dans le troupeau mais Jean-Baptiste parvient à la tirer de danger.
«M. Lagimonière, son compagnon [Charles Bellegarde]
et les deux femmes [Marie-Anne et l'épouse Crise de Bellegarde]
s'arrêtèrent auprès d'une butte où il y avait du bois, et ce fut là, quelques
heures après sa course, que M me Lajimonière donna le jour à son second
enfant [Jean-Baptiste], qui fut surnommé Laprairie, parce qu'il
était né au milieu de la prairie.» (10)
1808-1809
Les Lagimonière passent l'automne et l'hiver au fort des Prairies.
1809 (printemps)
Un matin, profitant de l'absence de Marie-Anne qui était partie chercher
de l'eau, une femme Pied-Noir s'introduit dans le fort, s'empare de «Laprairie»
et se sauve avec. Marie-Anne s'en aperçoit, se lance à la poursuite et
réussit à rescaper son enfant.(11)
1809 (juin)
Jean-Baptiste et Marie-Anne retournent dans la prairie. Ils faillirent
périr aux mains des Sarcis.
«Déjà ils avaient exercé leur barbarie sur les femmes
des Canadiens, compagnons de M. Lajimonière. [Bellegarde], Chalifou,
Caplette et [Batoche] Letendre étaient mariés à des Crises. Durant
l'été de 1809, ils étaient allés faire la traite dans la tribu des Sarcis.
Leurs femmes furent massacrées en haine de leur tribu, et les Canadiens
n'échappèrent à la mort que par une prompte fuite vers le fort.»
Les Lagimonière réussirent à s'évader des Sarcis et après cinq jours de
marche ils arrivent au fort des Prairies.
«M me Lajimonière ne retourna pas à la prairie le
reste de l'été.» (12)
1810 (printemps)
Les Lagimonière retournent dans la prairie. C'est au cours de ce voyage,
qu'en juillet, dans la région de la montagne Cyprès, Marie-Anne met au
monde son troisième enfant, une fille surnommée «La
Cyprès». Lorsqu'elle est baptisée par l'abbé Provencher en 1818,
on lui donne le nom de Marie Josette.
(13)
1810 (été)
«Un jour que Mme Lajimonière était avec son mari
sous sa tente, des Assiniboines arrivèrent auprès d'eux avec des chevaux,
et le chef descendit pour parler à Mme Lajimonière. Elle ne comprenait
pas le sauvage; mais le chef, pour lui faire entendre qu'il désirait avoir
son enfant âgé de deux ans [Laprairie], prit la corde qui attachait
le plus beau de ses chevaux et, la passant autour de la main de Mme Lajimonière,
lui fit signe qu'il le lui donnait en échange de son second enfant. Comme
on peut bien le penser, Mme Lajimonière le repoussa et lui fit signe que
jamais elle ne consentirait à un tel marché. L'[Indien] croyant
qu'elle ne se contentait pas d'un cheval, lui en amena un second, puis
lui passa encore la corde autour de la main comme la première fois. Elle
dit à son mari
"Répète lui donc que je ne vends pas mon enfant
et qu'il m'arrachera le coeur avant que je ne consente à me séparer de
lui."
"Eh bien!" . dit l'[Indien], "prends
le chevaux et un de mes enfants."
"Non" , dit-elle, "jamais
tu ne me feras consentir à ce marché" ; puis prenant son enfant
dans ses bras elle se mit à pleurer. L' [Indien], paraît-il, fut
touché de ses larmes, car il cessa d'insister davantage. Il continua sa
route avec ses gens et ses chevaux.»(14)
1810-09-28
Sur la rivière Vermillon, à environ 30 milles au nord-est d'Edmonton,
Alexander Henry le jeune rencontre deux chasseurs indépendants «freemen»
avec leurs familles. C'étaient Lagimodière et Chalifoux qui chassaient
le castor.(15)
1811 (printemps)
«Au printemps de 1811, M. Lajimonière ne retourna
pas à la prairie. Il avait appris que Lord Selkirk voulait fonder un établissement
sur les bords de la rivière Rouge, et que les premiers colons, pour former
le noyau de cette colonie, partaient d'Europe ce printemps même. [....]
Le dessein de M. Lajimonière était de se fixer d'une manière permanente
dans la colonie dès que celle-ci offrirait des moyens de subsistance à
ses habitants.» (16)
1811 (été)
«Il [Lagimonière], n'arriva que fort tard
dans l'été à l'endroit où s'élève aujourd'hui Winnipeg. [....]
Les colons partis d'Ecosse ne purent se rendre à la rivière Rouge cette
année là.» (17)
1812-1815
«La rivalité entre ces deux compagnies [North
West et Hudson's Bay] commença sérieusement à l'arrivée des premiers
colons, en 1812. [....]
Les Canadiens-français et les Métis embrassaient ordinairement la cause
de la Compagnie du Nord-Ouest. Les Écossais et les gens d'origine
anglaise, ainsi que quelques [Indiens] étaient dévoués à la Baie
d'Hudson. M. Lajimonière n'avait jamais été au service d'aucune compagnie;
il était resté libre dans le pays, faisant la chasse à son compte et vendant
ses pelleteries tantôt à la Compagnie de la Baie d'Hudson, tantôt
à la Compagnie du Nord-Ouest. Cependant, après son séjour à la
Saskatchewan, où il avait vécu dans les forts de la Baie d'Hudson, il
se montra toujours en faveur de cette dernière compagnie.»
(18)
1811-1812 (hiver)
La famille Lagimonière passe l'hiver au poste de Pembina. Là, vers le
11 décembre 1811, Marie-Anne donne naissance à un fils, Benjamin.
1812 (printemps)
«Dès que la rivière fut libre, au printemps de 1812,
il [Lagimonière] descendit avec sa femme jusqu'au fort Gibraltar
à l'embouchure de l'Assiniboine. De là il remonta le cours de cette rivière
l'espace d'une douzaine de milles et s'arrèta un plus haut que l'endroit
appelé aujourd'hui la paroisse Saint-Charles. [....]
M. Lajimonière se construisit une petite maison en bois brut, sans planchers
ni fenêtres, et s'installa dans ce château avec sa famille.»
(19)
1812 (juin)
Les colons de Selkirk quittent les bords de la baie d'Hudson où ils avaient
passé l'hiver et partent en direction de la Rivière-Rouge. Le premier
contingent y arrive le 30 août 1812.
1812-09-04
Miles Macdonell, gouverneur de la colonie, prend officiellement possession
du territoire au nom de Selkirk.
1812-09-18 (vendredi)
«Engage Lagimonière to hunt for a twelve month at
30 £ wages and an equipment of clothes.» (20)
1812 (octobre)
Le deuxième contingent des colons de Selkirk arrive à la Rivière-Rouge.
Ils se rendent directement à Pembina.
1813
Naissance d'Apolline (Pauline) Lagimonière.
1813-02-13
«Not a morsel to give our people; borrowed 59 lbs meat from NWCo. which
was immediately issued. In the evening 4 sleds of meat arrived from Lagimoniere.»
(21)
1814 (janvier)
Proclamation par le gouverneur Miles Macdonell, d'une loi décrétant l'embargo
total de l'exportation du pemmican hors des limites du territoire tombant
sous sa juridiction.
1814(février)
Peter Fidler dresse une liste des Canadiens qui font la chasse à leur
compte à la Rivière-Rouge. On y retrouve Jean-Baptiste Lagimonière avec
son épouse canadienne ainsi que deux garçons et quatre filles. Les deux
garçons sont Jean-Baptiste (Laprairie) et Benjamin. Trois des filles
sont Reine, Josette et Pauline. L'abbé Pierre Picton (Fonds Picton,
SHSB) croît que la quatrième fille pourrait être une fille née de
l'alliance de Jean-Baptiste avec Josette Amérindienne.
1814 (juin)
Le troisième contingent des colons de Selkirk arrive à la Rivière-Rouge.
1814-07-21
Miles Macdonell publie une proclamation interdisant aux hommes libres
et aux Métis de chasser le bison à cheval.
1814 (août\septembre)
Arrivée de nouveaux colons écossais à la Rivière-Rouge.
1814-10-21
Miles Macdonell ordonne aux agents de la North West Company de
lui livrer le fort Gibraltar.
1815-02-15
«Sunday Sent Chas. Fidler with a Horse for the 2
criols to Lagimoniere's but the Horse was not able to proceed with the
deep snow & returned.» (22)
1815-01-26
Thursday. [.....]
«Lagimoniere arrived with my cariole which is valued at 15 Dollars. He
brought me letters from the Portage & Brandon House.»
(23)
1815 (printemps)
Pas moins de 140 colons de Selkirk acceptent d'être conduits vers le Haut-Canada
dans les canots de la North West Company.
1815-06-27
Les colons de Selkirk quittent la Fourche, emportant tout ce qu'il leur
reste. Cuthbert Grant ordonne que l'on piétine les champs et que l'on
brûle le fort Douglas et les maisons.
1815-07-14
Colin Robertson arrive à la Rivière-Rouge. Il trouve sept sacs de pemmican
dans le magasin de la Hudson's Bay Company et il charge Jean-Baptiste
Lagimonière et quelques autres chasseurs libres de les conduire au bas
de la rivière Winnipeg.(24)
1815-09-13
«Arranged with Lagemonier who has a few excellent
horses to cart home the grain and hay.» (25)
1815-10-11
«Lagemonier arrived this evening with his family.
I have completed my arrangements with this person to take the Express
to Montreal.» (26)
1815-10-15
Colin Robertson s'empare du fort Gibraltar. Cependant, il le rend après
avoir obtenu de la North West Company des assurances formelles
quant à l'abandon de la propagande et au recours à la violence.
1815-10-17
«Monsr St Germain informed me that my letters would
not reach York in time for the ships. [....]
This consideration induced me to send off Jean Baptiste Lagimonière and
one of the Company's Canadian servants [Bénoni Marier] with the
Montreal Packet. They left this place about 4 o'clock p.m. for Fort Daer
[Pembina]. They have an Indian guide.» (27)
1815-11-04
Arrivée de Robert Semple, nouveau gouverneur de la colonie de Selkirk,
avec 84 colons.
1815\1816 (hiver)
Une vingtaine de colons Écossais hivernent à la Rivière-Rouge et poursuivent
la reconstruction du fort Douglas sous la direction de Colin Robertson.
1816-03-01
Jean-Baptiste Lagimonière arrive à York (Ontario).
1816-03-10
Jean-Baptiste Lagimonière remet les lettres dont il est porteur à Lord
Selkirk à Montréal.
1816-03-17
Colin Robertson et des hommes du fort Douglas s'emparent à nouveau, par
surprise, du fort Gibraltar «bâti par la Compagnie
du Nord Ouest à l'embouchure de l'Assiniboine. Le fort fut pillé et
démantelé et le bourgeois ainsi que les commis transportés au fort Douglas.
[Tout ce qu'il contenait fut enlevé]; provisions, marchandises
et fourrures, tout fut transporté au fort Douglas. Quelques jours après,
les mêmes employés de la Baie-d'Hudson surprenaient un autre fort de la
Compagnie du Nord-Ouest à Pembina, et lui faisait subir le même
sort qu'au fort Gibraltar.» (28)
1816-06-11
Colin Robertson, excédé par l'aveuglement du gouverneur Semple à la destruction
possible de la Colonie, quitte la Rivière-Rouge, après avoir assisté à
la démolition du fort Gibraltar et recommandé la fortification du fort
Douglas.
1816 (juin)
«Les employés du fort Douglas se tenaient jour et
nuit sur le qui-vive, car ils s'attendaient à voir arriver du fort Qu'Appelle
une troupe de Métis armés. Deux [Indiens] étaient venus donner
la nouvelle au gouverneur Semple que la Compagnie du Nord-Ouest
avait rassemblé tous ceux qu'elle avait pu réunir, pour venir reprendre
ses forts. Mme Lajimonière, qui était au fort Douglas avec ses enfants,
n'était pas sans inquiétude. Elle savait qu'elle pouvait courir de graves
dangers si le fort était attaqué par les gens du Nord-Ouest.»
(29)
1816-06-15
Jean-Baptiste Lagimonière et Hyacinthe Léger dit Parisien sont dans la
région du Fond-du-Lac, à une lieue et demie du fort de la North West
Company. Ils sont saisis par Pierre Bonga (un noir, interprète
de James Grant) et d'un groupe d'Amérindiens. Bonga et ses associés
s'emparent des lettres de Selkirk dont Lagimonière est le porteur ainsi
que des effets personnels de Lagimonière et de Léger dit Parisien. Les
captifs sont amenés au fort et le lendemain on les envoit au fort William
où ils retrouvent leur liberté.
1816-06-19
«[V]ers quatre heures de l'après-midi, une sentinelle
du fort Douglas vint avertir le gouverneur Semple qu'une troupe de gens
à cheval passait en vue du fort, mais à une distance respectueuse. Cette
bande de cavaliers ne paraissait pas être animée d'intentions hostiles,
car elle avait déjà dépassé le fort Douglas et se dirigeait vers le bas
de la rivière. Alors le gouverneur comprit que leur but était d'aller
rejoindre les canots au bas de la rivière pour leur porter des provisions.
C'était ce que le gouverneur Semple voulait empêcher. »
Il donna donc immédiatement l'ordre à tous ses gens armés de sortir du
fort pour aller couper le passage aux Métis et pour leur faire rebrousser
chemin. Quand les Métis virent approcher les gens du gouverneur, ils lui
envoyèrent un des leurs pour lui demander ce qu'il voulait d'eux en les
poursuivant ainsi. Alors, soit imprudence, soit malice, un coup de fusil
fut tiré et faillit blesser le métis envoyé en députation. Ce fut le signal
de la mêlée. Les cavaliers métis, accoutumés à tirer à cheval dans leurs
chasses au buffle, s'élancèrent sur leurs ennemis et en mois de quelques
minutes en tuèrent vingt et un. [....]
«La nouvelle de ce désastre arriva au fort presque
aussitôt. On crut que les Métis allaient l'attaquer immédiatement et massacrer
tous ceux qui y étaient renfermé. Un [Indien] du nom de Pigouis,
ami de M me Lajimonière, vint la trouver le soir même et lui dit :
"Tiens, la Française, pas plus tard que demain
les Métis vont prendre le fort; il faut que je te sauve avec tes enfants.
Tu vas sortir d'ici ce soir et venir habiter dans ma loge qui est de l'autre
côté de la rivière."
M me Lajimonière, toute effrayée, se hâta de prendre ses habits et ses
enfants; puis aidée d[e] [l'Indien] et de sa femme, elle descendit
au bord de la rivière pour monter en canot. La frayeur l'avait tellement
énervée qu'en posant le pied dans l'embarcation, elle s'évanouit, fit
chavirer le canot et tomba dans la rivière avec ses enfants. Heureusement
trois ou quatre Indiennes qui étaient là l'aidèrent à se sauver et la
déposèrent dans le canot. Elle traversa la rivière et vint se loger avec
la famille de Pigouis.
Le lendemain, les gens du Nord Ouest prirent le fort [Douglas]
mais personne ne perdit la vie. Les prisonniers et un certain nombre de
colons furent embarqués sur des canots et envoyés à York.»
[....] (30)
1816 (été)
«Mme Lajimonière passa l'été dans la loge avec les
[Indiens], mangeant comme eux ce qu'elle pouvait se procurer à
la pêche. Tant que dura l'été, elle n'eut pas trop à souffrir du logement
: elle était déjà faite à la vie sous la tente; mais quand les premiers
froids d'automne se firent sentir, elle songea à abandonner la loge de
Pigouis pour se mettre un peu plus chaudement.» (31)
1816-07-02
Pierre-Paul Lacroix, dans une lettre adressée à Lord Selkirk, dit qu'il
a rencontré Lagimonière et ses gens à la Petite Fourche de la Rivière-la-Pluie
(environ 24 kilomètres à l'Ouest de Fort Frances ON). Ce ne sont
donc pas les soldats de Selkirk qui l'ont libéré le 13 août 1816. On peut
par contre se demander ce que Jean-Baptiste aurait pu faire au cours des
cinq mois et demi entre cette rencontre avec Lacroix et la date que Marie-Anne
donne comme son arrivée à la Rivière-Rouge, soit peu avant Noël 1816.
1816 (octobre)
«Il y avait sur la côte est de la rivière Rouge,
en face du fort Gibraltar [donc sur le terrain où plus tard les
soeurs Grises allaient construire leur couvent], une hutte en bois
bâtie par un vieux Canadien du nom de Bellehumeur [Michel Monet
dit Belhumeur, ancêtre de Marguerite Monet, épouse de Louis Riel].
Ce n'était pas un château, mais c'était plus chaud qu'une tente. La maison
n'était pas alors occupée : les locataires étaient rares à cette époque.
M me Lajimonière s'empara de cette demeure pour y passer l'hiver avec
sa famille. Elle en prit possession au mois d'octobre. Il y avait déjà
un an que son mari était absent et qu'elle n'en avait plus eu de nouvelles.
Elle pensait qu'il avait péri le long de la route, qu'il avait été massacré
par quelque [Indien], ou qu'il était tombé épuisé de faim
et de fatigue.»(32)
1816 (décembre)
«Vers la fête de Noël, trois mois après son entrée
dans la hutte de Bellehumeur, quelle fut pas sa surprise de voir arriver,
un soir, un voyageur qu'elle reconnut pour son mari.»
(33)
«Ce fut dans ce réduit que Lajimonière retrouva son épouse. Il avait
appris qu'elle avait péri dans la prise du Fort [Douglas] ainsi
que ses enfants. De son côté Mme Lajimonière avait su que son mari était
mort en chemin en revenant du Canada.» (34)
1817-01-10
Les soldats Meuron de Selkirk, sous la conduite du capitaine d'Orsonnens,
arrivent à la Rivière-Rouge. Profitant d'une forte tempête de neige, ils
s'approchent du fort Douglas, qui était sous le contrôle des hommes de
la North West Company. En quelques instants les soldats sont à
l'intérieur du fort et font prisonniers ceux qui s'y trouvent.
1817 (janvier)
«Une semaine plus tard, M me Lajimonière put se
loger de nouveau dans la maison [dans le fort Douglas] qu'elle
avait été obligée d'abandonner le 19 juin, après la bataille contre les
Métis.» (35)
1817 (printemps)
Au printemps, M. Lajimonière avait besoin de repartir pour la chasse,
et le fort rempli de militaires ne parut pas à Mme Lajimonière un lieu
bien convenable pour une femme seule. Elle fit donc demander au bourgeois
de vouloir lui donner une large tente où elle pourrait à quelque distance,
se retirer avec sa famille. On lui accorda facilement ce qu'elle voulait
et elle alla passer l'été dans le voisinage, sous une tente.
(36)
1817 (été)
«Lord Selkirk passa l'été à régler les affaires
entre les deux compagnies. Le fort Gibraltar fut restitué à la Compagnie
du Nord Ouest qui le rebâtit. Des terres furent données aux militaires
qu'il avait conduits à la rivière Rouge. Il conclut un traité avec les
Indiens.» (37) Avant
son départ, Selkirk fait signer par la population catholique de la Rivière-Rouge
une requête adressée à Mgr Plessis demandant des missionnaires pour la
Rivière-Rouge. Aussi, pour récompenser Lagimonière de son dévouement,
Selkirk lui donne une terre à l'embouchure de la rivière Seine, vis-à-vis
de la pointe Douglas.
1817 (octobre)
Lord Selkirk repart pour l'Angleterre. Jean-Baptiste Lagimonière, accompagné
d'autres personnes, le reconduit jusqu'au territoire américain.
1817\1818 (hiver)
«Aussitôt que M. Lajimonière fut de retour après
avoir accompagné le Lord, il pensa à préparer sur son terrain un logement
pour sa famille. La saison était trop avancée pour songer à bâtir une
maison en bois. Pour passer l'hiver, il creusa un trou en terre au-dessus
duquel il fit une espèce de toit en chaume. Pendant l'hiver M. Lajimonière
travaillait aussi à ranimer un peu chez sa femme l'espoir de se voir un
jour logée plus commodément. Il coupait le bois pour une maison et préparait
tout ce qu'il pouvait se procurer pour la construire le plus tôt possible
afin d'y recevoir convenablement les missionnaires qui ne manqueraient
pas de leur rendre visite. Quand les beaux jours du printemps parurent,
M me Lajimonière sortit de terre et se logea sous la tente, en attendant
que la maison fut prête.»(38)
1818-07-16
Arrivée des abbés Provencher et Dumoulin ainsi que du séminariste Guillaume
Edge à la Rivière-Rouge. Leurs canots abordent en face du fort Douglas.
1818-07-18
Les missionnaires baptisent tous les enfants de la colonie qui ont moins
de six ans.
«Toutes les personnes au-dessus de cet âge qui étaient
encore infidèles ne pouvaient recevoir ce sacrement qu'après avoir été
instruites des vérités chrétiennes.» (39)
Des enfants Lagimonière, seulement Benjamin et Apolline (Pauline)
furent baptisés cette journée-là. Marie-Anne, étant la seule femme baptisée,
servit de marraine à tous les baptisés.
«Pendant longtemps dans la colonie, tous les enfants
l'appelèrent : Ma Marraine.» (40)
1818-08-03
Des nuées de sauterelles s'abattent sur la colonie, détruisant les récoltes.
1818 (fin août)
Les premières recrues de colons canadiens-français arrivent à la Rivière-Rouge.
Ils passent l'hiver à Pembina.
1818-11-01
L'abbé Provencher dit la première messe dans la nouvelle chapelle à Saint-Boniface.
1819-01-11
Naissance de Romain Lagimodière.
1819 (juillet)
Les sauterelles détruisent à nouveau les récoltes.
1819 (août)
Arrivée d'un deuxième groupe de recrues de colons du Bas-Canada. On retrouve
parmi eux Simon Provencher, frère de l'abbé Norbert Provencher, et sa
famille.
1820-07-26
Troisième invasion de sauterelles en trois ans.
1821 (printemps)
Les moissons sont encore détruites par les sauterelles.
1822-07-23
Naissance de Julie Lagimodière, mère de Louis Riel.
1825-12-20
Naissance de Joseph Lagimodière, le benjamin de la famille.
1826 (printemps)
Inondation dévastatrice à la Rivière-Rouge. Plusieurs familles, y compris
celle de Reine Lagimodière mariée à Michel Lamère, quittent la Colonie
pour aller soit aux États-Unis, soit au Canada.
1827-01-30
Fort Garry : «Captain Franklin's express
was sent off early this morning for Rainy Lake, by Lejemonier and his
Son, who were hired for the purpose.»(41)
1855-09-07
Décès de Jean-Baptiste Lagimonière. Après le décès de son mari, Marie-Anne
va demeurer chez son fils Benjamin
«à un mille de l'église de la mission de Saint-Boniface».
(42)
1875-12-14
Décès de Marie-Anne Gaboury. Elle est inhumée le 16 du même mois dans
le cimetière de Saint-Boniface.
1. Dugas, Georges. La Première
Canadienne au Nord-Ouest, ou Biographie de Marie-Anne Gaboury, arrivée
au Nord-Ouest en 1806, et décédée à Saint-Boniface à l'âge de 96 ans.
Montréal, Cadieux, 1883. [Première édition].
Nouvelle édition, rev. et corr. par l'auteur, sous le titre : La Première
Canadienne au Nord-Ouest ou Biographie de Marie-Anne Gaboury qui monta
au Nord-Ouest en 1807, (sic) et décédée à Saint-Boniface, à
l'âge de 96 ans. Saint-Dizier (France); Thévenot, 1907.
Une 3e édition, rev. par la Société historique de Saint-Bonifce,
sous le titre : La Première canadienne au Nord-Ouest, ou biographie
de Marie-Anne Gaboury qui monta au Nord-Ouest en 1806, décédée en 1875,
à Saint-Boniface, à l'âge de 95 ans. Winnipeg, Canadian Publishers,
1945.
2. Déclaration pour le scrip des Métis,
RG15. ASHSB.
3. Dugas. Opus cit. Première édition.
4. Bulletin de la Société historique de Saint-Boniface,
numéro 4, été 1999.
5. Dugas, opus cit. Première édition.
6. Dugas, opus cit. Première édition.
7. Dugas, opus cit. Première édition.
8. Dugas, opus cit. Première édition.
9. Dugas, opus cit. Première édition.
10. Dugas, opus cit. Première édition.
11. Dugas, opus cit. Première édition.
12. Dugas, opus cit. Première édition.
13. Dugas, opus cit.Troisième édition.
14. Dugas, opus cit. Première édition
15. Dugas, opus cit. Troisième édition;
annotation de l'abbé Pierre Picton.
16. Dugas, opus cit. Première édition.
17. Dugas, opus cit. Première édition.
18. Dugas, opus cit. Première édition.
19. Dugas, opus cit. Première édition.
20. Miles Macdonell à Selkirk. Documents
Selkirk, 16,8754. ASHSB.
21. Miles Macdonell. Documents Selkirk.
ASHSB.
22. Journal d'Archibald McDonald. Selkirk
Papers, volume 68, page 18247.
23. Journal d'Archibald McDonald. Selkirk
Papers, volume 68, page 18256.
24. Journal de Colin Robertson. Documents
Selkirk. ASHSB.
25. Ibid.
26. Ibid.
27. Ibid.
28. Dugas, opus cit. Première édition.
29. Dugas, opus cit. Première édition.
30. Dugas, opus cit. Première édition.
31. Dugas, opus cit. Première édition.
32. Dugas, opus cit. Première édition.
33. Dugas, opus cit. Première édition.
34. Dugas, opus cit. Troisième édition.
35. Dugas, opus cit. Première édition.
36. Dugas, opus cit. Première édition.
37. Dugas, opus cit. Première édition.
38. Dugas, opus cit. Première édition.
39. Dugas, opus cit. Première édition.
40. Dugas, opus cit. Première édition.
41. The Hudson's Bay Record Society,
volume 2, page 229
42. Dugas, opus cit. Troisième édition.
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