Centre du PatrimoineLe Centre du patrimoine


LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE L'ARCHEVÊCHÉ DE SAINT-BONIFACE

En 1998 la Société historique de Saint-Boniface (SHSB) recevait en dépôt les archives de la Corporation archiépiscopale catholique romaine de Saint-Boniface (CACRSB). Par la même occasion, la CACRSB donnait à la SHSB la collection de livres connue sous le nom de Bibliothèque nationale de l'Archevêché de Saint-Boniface.

Joseph-Norbert Provencher, premier missionnaire à la Rivière-Rouge et premier évêque de Saint-Boniface, se souciait d'assurer une bibliothèque bien dotée dans ce qui est connu aujourd'hui comme l'Ouest canadien. Sous son successeur Alexandre Taché, la bibliothèque prit de l'ampleur. Malheureusement l'incendie de la cathédrale en 1860 détruisit complètement cette première bibliothèque de l'évêché. La reconstitution de la bibliothèque fut immédiatement entreprise. Sous Adélard Langevin, troisième évêque de Saint-Boniface, elle acquit une importance telle qu'elle formât le fonds originel d'une oeuvre particulière, celle de la Bibliothèque nationale de l'Archevêché. Des dons de livres comme celui de la bibliothèque privée d'un curé du diocèse de Montréal léguée par testament assurèrent une croissance continue de la collection (Les Cloches de Saint-Boniface, vol.1 n° 3, le 15 mars 1902, p.72). D'autres dons furent : La Minerve, don de l'honorable Juge Siméon Beaudin; des numéros des Mémoires de la Société historique de Montréal, don de l'abbé N. Dubois; 46 années de l'Almanach Rolland, don de l'honorable J.-B. Rolland; la revue L'Étincelle, don de Achille-Félix Auclair o.m.i.; La Vérité, don de M. L. Casault et de l'abbé C.A. Carbonneau. Mgr Langevin, en particulier, "recueille avec une sorte de culte les moindres brochures canadiennes comme les plus volumineux ouvrages, parce qu'ils constituent, dit-il, 'une partie de notre héritage national et un bien de famille'".

En 1912, on qualifiait la bibliothèque d'unique. On lit dans Les Cloches de Saint-Boniface : "Depuis Ottawa jusqu'à la Colombie Britannique et jusqu'au pôle nord, il n'existe aucune bibliothèque tant soit peu considérable de livres canadiens et américains, au moins de livres français. D'où, pour tout travail sérieux sur l'histoire du pays, en général, et même de l'Ouest, en particulier, nécessité [n'est plus] de parcourir une distance de plus de mille milles pour aller à Ottawa, à Montréal, à Québec, à Toronto, ou même aux États-Unis, consulter les sources historiques." On définit le mandat d'acquisition de la Bibliothèque nationale de l'Archevêché comme étant de : "former ici à Saint-Boniface, le plus ancien et le principal foyer intellectuel de l'Ouest, une bibliothèque convenable de livres canadiens et américains, ayant trait surtout à l'Ouest, en français ou en anglais, mais plus particulièrement en français".

En 1914, soucieux de la conservation de ses livres, l'Archevêché de Saint-Boniface fit construire sous l'entrée du Petit Séminaire (aujourd'hui le Collège universitaire de Saint-Boniface) "trois voûtes de sureté parfaitement solides et sèches" (Les Cloches de Saint-Boniface, vol. 13, 1 mars 1914, n° 5, p.67). Plus tard, la bibliothèque a été rapatriée à l'Archevêché.

La collection de la Bibliothèque nationale est identifiable par la marque de son étampe. D'autres collections s'y sont ajoutées au cours des années dont celle du Grand Séminaire et les acquisitions des évêques et du personnel de l'Archevêché. Par ailleurs, des livres de la Bibliothèque nationale ont été donnés dont un certain nombre se trouvent maintenant dans la collection de la Société historique de Saint-Boniface.

Cette collection comprend plus de 30 000 volumes sans compter les périodiques et les journaux. Un inventaire de la collection de la Bibliothèque nationale de l'Archevêché donnée à la SHSB est presque terminé. Cette collection est accessible à partir de la banque de données de cet inventaire. Les catégories principales de la collection sont la théologie, la philosophie, la pastorale, la spiritualité, l'histoire de l'Église et l'histoire du Canada. D'intérêt particulier, on y trouve un incunable de 1489 qui avait été offert à Mgr Alexandre Taché.

HAUT

Accueil