LOUIS RIEL
Louis Riel défend les siens
Au cours de l'été de 1869, le gouvernement canadien envoya John Stoughton Dennis
à la Rivière-Rouge dans le but d'arpenter le terrain. Il fut tellement mal reçu par les
Métis qu'il commença à arpenter à Pointe-de-Chênes plutôt qu'au fort Garry. Pour
ajouter à l'inquiétude des Métis, l'arpentage se faisait selon le style ontarien, en
carré plutôt qu'en lots longs et minces donnant sur la rivière, système qu'utilisaient
les Métis. Le nouveau système coupait à travers les propriétés déjà en existence.
De plus, l'arpentage avait commencé avant le transfert officiel des terres au Canada.
Lorsque Dennis arriva au fort Garry, l'opposition éclata. Proclamant que le
gouvernement canadien n'avait pas le droit d'agir sans permission, le 11 octobre 1869, 16
Métis, sous la direction de Louis Riel, arrêtèrent une équipe d'arpenteurs sur le
terrain d'André Nault, cousin de Louis.
Cet incident fut d'une grande importance, premièrement parce que c'était le premier
acte de résistance au transfert de la colonie au Canada, et deuxièmement, il
établissait Louis Riel comme champion des Métis.
Les Métis sorganisent, Riel à leur tête
En octobre, William McDougall, nommé lieutenant-gouverneur de Rupertsland, se mit
en route pour la Rivière-Rouge afin de prendre possession du territoire du Nord-Ouest
pour le Canada. Il était accompagné d'un gouvernement déjà constitué et armé de 300
fusils. À cette nouvelle, les Métis décidèrent d'organiser une résistance.
Le 16 octobre, Riel fut élu secrétaire du Comité National des Métis présidé par
John Bruce. Cinq jours plus tard, le Comité envoya une note à McDougall l'avisant de ne
pas pénétrer dans le pays sans la permission du Comité.
Pour raffermir leur position, les Métis érigèrent une barricade à la jonction de
la route de Pembina et de la rivière Sale, là où devait passer McDougall.